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Mercredi 2 avril 2014

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Actualités du tourisme durable

LogoUNAT bréves 21 FevrierLes personnes qui ne partent pas en vacances pour des raisons économiques, sociales ou psychologiques nécessitent une attention particulière de la part des équipes d’accueil. Pour répondre à cet enjeu, sept associations de tourisme social, réunies au sein d’un groupe de travail animé par l’Union Nationale des Associations Tourisme (UNAT) Pays de la Loire et l’UNAT Bretagne, ont collaboré pour concevoir un outil innovant: le Guide « accueillir des publics éloignés des vacances, les points clés pour préparer le séjour ».

 

 

 

aéroports france

Les 40 plus petits aéroports de France métropolitaine ont un trafic moyen de moins de 10 000 passagers par an et ne sont donc pas rentables.

La France compte près de 160 aéroports. Les écologistes dénoncent, depuis les années 60, un gaspillage des ressources et une vision de l’aménagement du territoire obsolète. Mais les critiques, aujourd'hui, viennent du secteur aérien lui-même.  

echo touristique

        

Le Board of Airlines Represantatives (Bar) en France dénonçait récemment le "nombre pléthorique d’aéroports en France dont les coûts sont finalement supportés par les compagnies aériennes opérant en France sans bénéfice pour le transport aérien dans son ensemble".

 

 Lire la suite ? Directement ici sur le site de notre partenaire L'Echo Touristique

EnfantsACMMardi 11 février 2014 s'est tenue au centre sociale La Rouche à Nice une conférence de presse au sujet de l'éducation à l'environnement et au développement durable dans les accueils collectifs de mineurs des Alpes-Maritimes.

 

 
 

Entre le Limousin et le Périgord, dans un joli village médiéval , se situe l'hôtel le Saint-Robert dirigé par Daniel Golfier. Cette ancienne demeure bourgeoise   bénéficiant d'une situation idéale (à 25 km de Brives , établie sur le flanc d'une colline qui domine toutes les vallées de l'Yssandonnais) a été reconnu écolabel en 2009.

 

 

Daniel Golfier a toujours pratiqué « 60 à 70% des critères stricts décrits dans des cahiers des charges » communs à tous les pays de l'Union Européenne. Ces cahiers des charges déterminent l'obtention du label , ils donnent les conditions permettant aux établissement d'afficher leurs différents engagements en matière d'écologie :

  • faible consommation d'eau

  • faible consommation d'énergie

  • faible production de déchets

  • utilisation de sources d'énergie renouvelables et de substances moins nocives pour l'environnement

  • communication et éducation des clients en matière d'environnement.

Aujourd'hui l'établissement de M. Golfier n'a plus l'écolabel. En 2011 , l'AFNOR (organisme chargé par Ecolabel de s'occuper de la certification c'est-à-dire analyse des demandes de labellisation, délivrance du certificat...) passe à l'hôtel Le Saint-Robert afin de s'assurer de la permanence de la conformité aux exigences des marques NF Environnement ou Eco-label européen. M.Golfier est en droit d'obtenir le renouvellement de son label , cependant il « refuse de payer » la certification. En effet, il faut savoir que se faire certifier Ecolabel à un coût (tarif AFNOR admission plus une redevance annuelle) , environ 600 € par an pour un petit établissement (égal à 29 chambre a peu prêt) , et 2500 € par an pour un établissement d'une centaine de chambre. De plus , il considère que son adhésion au label ne génère pas assez de retombées (pub trop faible de la part d'Ecolabel, et la plupart des clients ne connaissent pas cette certification donc elle ne génère pas plus de venues à l'hôtel).

Malgré la perte du label , M.Golfier poursuit sa démarche écologique par des gestes simples comme le fait de n'utiliser que des « produits de la ferme dont 60% de légumes non traités » pour la cuisine de son restaurant (ou des confitures faites à partir de fruits non traitées). Il a également d'autres projets écotouristiques en cours , dont la création pour 2014/2015 d'une « piscine chauffée grâce à des panneaux solaires ».

 

Clémentine Brethomé, Réseau des Acteurs du Tourisme Durable (ATD).

CAPSULE-RESULTATSTadam ! Félicitations aux gagnants et un grand merci aux 3 000 participants ! Du 18 septembre au 18 octobre dernier, l'équipe bénévole du réseau francophone des Acteurs du Tourisme Durable (ATD) organisait sur La Page Facebook "Acteurs du Tourisme Durable - ATD", pour la deuxième année consécutive, le Grand Concours Photos "Nus & Culottés", en accord avec les deux héros Nans et Mouts, et en partenariat avec France 5, France Télévision Distribution, Bonne Pioche Production et avec la participation active de dix autres opérateurs touristiques précurseurs en matière de développement durable. Voici enfin dévoilés les résultats précis du concours photos 2013 consacré cette année au thème du covoiturage !

 

Gagnants du Grand Concours Photos

 

► Une randonnée équestre de cinq jours en Pyrennées pour une personne avec le Centre Soularac

Gagnant n°1 - BUTEL Ghislaine

► Un week-end écologique en Seine et Marne pour deux personnes (2 jours/1nuit) offert par le Comité Départemental de Tourisme du 77 et par Gîtes de France 77

Gagnant n°2 - HERMAND Lydie

Un "vélo de tonton" retapé par l'équipe dynamique de Mr Cycle:

Gagnant n°3 - MONTEL Chloé

►Une super balade urbaine pour 2 personnes avec l'équipe Bastina ("Du Petit Mali à Château-Rouge à Paris")

Gagnant n°4 - MECHENET Quentin

Un "Pass Blablacar" pour un trajet en covoiturage (France ou Europe)

Gagnant n°5   -  FOREST Fanny
Gagnant n°6   -  ESTARIT Laurence
Gagnant n°7   -  CHAUROUX Léa
Gagnant n°8   -  PATIN Emmanuelle
Gagnant n°9    - CARRIC Anne-Sophie
Gagnant n°10  - DUQUESNEL Boris
Gagnant n°11  - DEBRINCAT David
Gagnant n°12  - PERRIO Jean-Charles
Gagnant n°13  - PINHEIRO Luis
Gagnant n°14  - DARDOU Laura

Un abonnement annuel au superbe A/R Magazine (+ d'infos sur: www.ar-mag.fr)

Gagnant n°15 - ANDRO Céline
Gagnant n°16 - NURIT-DUVIVIER Margaux
Gagnant n°17 - CROUTON Laëtitia
Gagnant n°18 - GODIN Germain
Gagnant n°19 - FOREST Mona

Un lot de deux DVD de Nus & Culottés (Saison 1 & 2 ) - Bonne Pioche Production - France 5

Gagnant n°20   - MONNIER Hélène
Gagnant n°21   - POTIER Florian
Gagnant n°22   - CROMER Guillaume
Gagnant n°23   - LAMY Floriane
Gagnant n°24   - AMENSAG Rédah-Robin
Gagnant n°25   - JEGADO Cyril
Gagnant n°26   - MA Marla
Gagnant n°27   - LIVERDON Frédéric
Gagnant n°28   - MARTY Cindy
Gagnant n°29   - MONNIER Cécile

Un Guide TAO (pour voyager autrement grâce aux conseils de la joyeuse équipe Viatao

Gagnant n°30  - RINAUDO Hélène
Gagnant n°31  - FAUVIOT Alexandre
Gagnant n°32  - CHAUCHET Adrien
Gagnant n°33  - FREDOUILLE Charlotte
Gagnant n°34  - RENAUDET Justine

Un exemplaire de la Bible du Grand Voyageur édité par nos amis de Lonely Planet

Gagnant n°35  - KALMAN Benoît
Gagnant n°36  - GLC Rina
Gagnant n°37  - CHAMPARNAUD Adeline
Gagnant n°38  - CLIGNAC Céline
Gagnant n°39  - BLAISE Camille

Un exemplaire de l'ouvrage EcoAmerica (Géorama Editions) rédigé par notre super héros Mouts (Guillaume Mouton)

Gagnant n°40  - BOULLAND Noëlle
Gagnant n°41  - VIGNAU Anne
Gagnant n°42  - FEAU Aurélie
Gagnant n°43  - DEBELLEMANIERE Sophie
Gagnant n°44  - RANCIEN Lucie
Gagnant n°45  - FD Coralie
Gagnant n°46 - GILLOT Alexandra
Gagnant n°47 - POTTIER Hugo
Gagnant n°48 - RICHER Élise
Gagnant n°49 - THOMAS Stéphanie

 Comment recevoir ses lots ?

S'ils n'ont pas encore été contactés par l'équipe ATD, les gagnants ci-dessus peuvent nous adresser un courriel à l'adresse suivante: contact@tourisme-durable.org En indiquant Nom + Prénom + adresse postale, n° de téléphone.

 

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(Coucher de soleil sur le campement d'Alouga, Photo: Michaël Pronier)

 

mains

Non, le Sénégal ne se résume pas à ses immenses plages tropicales de sable fin, rendues célèbres par le controversé Paris-Dakar, et qui font la joie du tourisme balnéaire de masse depuis des décennies. Le pays propose un tourisme plus solidaire et durable à 45 minutes de vol au sud-ouest de la capitale : la Casamance ! Premier conseil : préférez le ferry nocturne Dakar - Ziguinchor ! Il allongera quelque peu votre périple mais rien ne vaut une arrivée au petit matin sur les côtes casamançaises escorté par les dauphins …

 

La mystérieuse et traditionnelle Casamance offre au voyageur sa luxuriance, la richesse de ses paysages et de ses traditions, la qualité de l’accueil de ses habitants, notamment du peuple Diola. Après une crise casamançaise qui a mis à genoux une économie touristique historiquement innovante et florissante, la gouvernance locale, aidée par des partenaires internationaux, a réinvesti depuis 3 ans dans le développement du tourisme solidaire et environnemental. Les Casamançais, parties prenantes de ce renouveau, sont dorénavant prêts à accueillir un public responsable dans des campements dits de «  tourisme communautaire intégrés » au sein de leurs villages. Dépaysement et émotions garantis au cœur des bolongs, ces canaux d’eau saumâtre bordés de palétuviers, des rizières et de la forêt tropicale.

 

Une destination qui se mérite … et qui mérite mieux

Pour le touriste qui ne connaît pas l’Afrique comme pour celui qui est déjà tombé sous son charme, l’actualité ces dernières années n’a pas été tendre avec ses envies de voyage. Pour ne citer que les crises les plus médiatisées : Mali, Côte d’Ivoire, Nigéria et plus récemment le Kenya. Guerres, enlèvements et attentats ont mitraillé à tort l’image de l’ensemble du tourisme africain et poussent malheureusement à l’amalgame entre les pays.

Conséquence : même le voyageur décidé - mais inquiet - se rend volontiers sur le site du ministère des Affaires étrangères pour lire ses précieux « conseils aux voyageurs ». Au premier coup d’œil sur la carte de vigilance, bonne nouvelle, le Sénégal semble calme… Mais à bien y regarder une région pose(rait) problème… La Casamance. La région est en effet toujours classée orange ou rouge selon les zones par le ministère en raison de la « crise casamançaise » - des affrontements entre le gouvernement et des indépendantistes qui ont sévi dans le pays de 1980 à 2005.


Huit ans après le cessez-le-feu, le classement de cette région mériterait d’être réévalué, du point de vue de tous ceux qui ont voyagé ou vécu dans la région.

D’autant plus qu’une petite exception à ce classement défavorable pourrait faire douter de sa pertinence générale : en effet, les seuls petits kilomètres casamançais qui ne sont pas « déconseillés » par l’Etat français sont ceux qui entourent le village de Cap Skiring, son aéroport de brousse et l’historique et flamboyant Club Méditerranée, considéré comme la plus belle station sénégalaise (et à 5 heures de l’Europe) balnéaire d’Afrique de l’Ouest, luxueux temple du tourisme de masse … Curieux hasard pour un périmètre pas plus serein qu’ailleurs : au contraire, le tourisme de masse argenté de Cap Skiring aurait tendance à attirer une population plus « bigarrée » … mais cette « bulle de sécurité » doit rassurer les gentils membres … Et faciliter le business du méga-voyagiste.

Un classement réactualisé favoriserait donc le tourisme en Casamance, en levant les suspicions, mais aussi en rassurant les compagnies d’assurance : certaines rechignent à couvrir les circuits qui s’éloignent de Cap Skiring. 

Autre frein au développement de la région casamançaise : sa desserte. L’aéroport de Cap Skiring, assez vétuste, ne reçoit plus aucun vol régulier depuis le dépôt de bilan de la compagnie Air Sénégal International qui assurait des vols réguliers depuisDakaret depuis l'Europe. En saison touristique (d’octobre à avril), seuls quelques vols charters affrétés par le Club Med ou Jet Tours sur les compagnies XL AIRWAYS, Air Méditerranée et Transavia permettent aux touristes d'arriver directement au Cap. Dans les années 90, la situation insurrectionnelle en Casamance portée par des indépendantistes n’a pas poussé le gouvernement central à investir pour l’aéroport de cette région « rebelle ». Le marasme touristique qui s’en est suivi n’a pas motivé non plus les  différents opérateurs touristiques à s’organiser pour mettre en œuvre un projet sur le long terme.

 

bolong

(Les bolongs sont des bras de mer généralement bordés de mangroves à palétuviers formant un paysage labyrinthique d'ilots et de plans d'eau plus ou moins stagnants, dominés quelquefois par de grands arbres comme les baobabs ou les fromagers.  Photo : Michaël Pronier)

De son côté, Ziguinchor n’est accessible de l’Europe qu’après une escale à Dakar et les tarifs sont plus élevés. Améliorer la desserte aérienne est donc essentiel pour baisser les prix. Tout comme augmenter la fréquence des ferrys entre Dakar et Ziguinchor : seulement 2 allers-retours par semaine à raison de 17h de voyage ! Cette nuit en cabine (50 euros pour 2 personnes) peut faire partie de l’aventure. La solution la plus directe reste de réserver des places sur des vols charters « Club Med », sans se tromper de groupe à l’arrivée à Cap Skiring…

Une Afrique en berne, le fantôme d’une crise casamançaise et une mauvaise desserte : difficile de défendre la destination Casamance… A moins de la défendre différemment. Ce que font très bien les voyagistes spécialisés dans le tourisme solidaire. Grâce à ces « experts » de la destination et à leurs récits, l’envie d’être parmi les pionniers du renouveau casamançais est plus forte.

Le tourisme solidaire comme porte-étendard, les campements intégrés comme fondement

Le tourisme solidaire en Casamance n’est pas un effet de mode. C’est même son ADN. C’est au début des années 1970 que les campements villageois intégrés ont été inventés dans cette région du Sénégal, à l’initiative de Christian Saglio, aujourd’hui directeur du Centre culturel français de Dakar, et d’Adama Goudiaby, propriétaire de l’auberge « Aw-Bay ? » à Ziguinchor. A l’époque, il s’agissait d’une initiative unique au monde, aussi bien au niveau de leur conception et de leur gestion. Ce modèle a fait école dans de nombreux pays du reste de l’Afrique (Mali, Bénin) ainsi qu’en Asie plus récemment. La crise casamançaise a stoppé net un développement florissant du tourisme solidaire : beaucoup de campements ont disparu ou ont été laissés à l'abandon avant de renaître récemment, laissant l’impression que la Casamance n’en était pas l’instigatrice et s’y mettait avec retard…

En Casamance, les campements intégrés se sont réunis en fédération : la Fecav (FEdération des CAmpements Villageois).  Sous son égide, les villages qui ont souhaité se lancer dans l’aventure ont construit ou restauré leur campement dans le style local (huttes ou maisons traditionnelles Diola, cases à impluvium).

Les populations concernées qui ont décidé de développer à nouveau cette forme de tourisme maîtrisé et durable, sont aidées par la FIBA, le Conseil régional de Ziguinchor, l’Office de tourisme de la Casamance avec le soutien technique du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et de l’ONG ICD-Afrique.

La Casamance noue également des liens forts de développement avec l’association Tourisme sans frontières et avec la Région Alsace qui a mis en place un « compagnonnage » avec la région de Zinguinchor depuis 1997. Celui-ci s’appuie sur la formation des artisans, les échanges d’expériences entre l’OT de la Casamance et celui de Haute Vallée de la Bruche, et l’aide à la structuration du Conseil régional de Ziguinchor.

Les accords de coopération décentralisée ont été signés le 12 juillet 2011 entre la Région Paca et celle de Ziguinchor. L’ONG ICD-Afrique accompagne  le Conseil régional de Ziguinchor et l’Office du Tourisme dans la mise en place technique de cette politique publique de Tourisme Durable. En sa qualité de co-pilote, ses missions, menées par des chargés de projet, sont nombreuses : 
- actualiser l’inventaire de l’offre et le diagnostic des unités d’hébergements en matière de tourisme intégré sur la zone pour s’assurer qu’elles répondent aux exigences des voyageurs responsables,
- construire et commercialiser des circuits mettant en valeur la totalité des sites de la région de Ziguinchor,

- former les acteurs locaux au tourisme durable,

- faire connaître la destination en France en montant sur le terrain les circuits touristiques les plus durables possibles, et sensibiliser les voyagistes et les tour-opérateurs nationaux et internationaux de vente de voyages à la destination Ziguinchor.

campement-elinkine

(Le Campement Villageois d’Elinkine est situé sur une belle plage de sable et de cocotiers, dans une zone calme, à 300 mètres du centre du village. Les huttes sont propres et confortables : salle de bain avec WC et chambre avec moustiquaire et ventilateur. Elinkine est accessible par la route en venant d’Oussouye ou Ziguinchor ou encore en pirogue par les bolongs en venant de Cap Skiring. C’est le lieu idéal pour se rendre sur l’île de Karabane et dans de nombreuses petites îles des bolongs hors des circuits du tourisme de masse. Photo : Michaël Pronier)

 

Cette coopération et ce suivi international constituent un véritable gage de sérieux aussi bien pour le voyagiste spécialisé que pour le voyageur.

Le regroupement des campements au sein de la Fecav représente également une assurance supplémentaire pour le client : les prix sont quasiment identiques de camp à camp et calculés au plus juste dans la quinzaine de campements de la région. Leur affichage est obligatoire et standardisé. Pas de mauvaise surprise.

Au total, la Fecav regroupe une douzaine de campements de 10 chambres de 2 personnes soit une capacité d’accueil de 240 places rien que pour ce type d’hébergement solidaire.

Géré le plus souvent par les villageois, avec une équipe de salariés recrutés dans le village, le campement intégré verse ses bénéfices au village (ou à une communauté villageoise en cas de regroupement).

Pendant plus de 20 ans de tourisme fleurissant, ces bénéfices ont par exemple permis au village Elinkine, la construction de la maternité, du poste de santé, de plusieurs salles de classes et d’équipements divers dans le village. Les frais médicaux des anciens et des femmes enceintes étaient payés par le campement villageois. De nombreux cas sociaux ont aussi été pris en charge.

Aujourd'hui, les bénéfices ont disparu avec la crise, et le village ne bénéficie plus de cette manne. Mais le camp est toujours là avec ses huttes équipées de salles de bain et son bar-restaurant paillotte. Depuis 2007, un partenaire privé français, Luc Dages, s’est associé à la jeunesse d’Elinkine pour relancer l’activité. Avec sa magnifique plage de sable bordée de cocotiers en bordure de bolong, c’est le lieu idéal pour déguster les huîtres de la mangrove tout juste saisies au feu de bois.

Séjourner ou consommer dans un campement intégré est le meilleur moyen de découvrir la région, sa population, ses diversités culturelles et naturelles. Grâce aux échanges avec les villageois qui assurent eux-mêmes la gestion du camp (hébergement et restauration), le voyageur comprend comment s’organisent le territoire, ses productions, ses projets, mais aussi ses difficultés.

Dans certains cas, la structure peut également être privée, gérée par un GIE : elle obéit cependant aux mêmes principes de solidarité villageoise. Dans le cadre d’un séjour itinérant en Casamance, les campements intégrés sont en assez grand nombre pour éviter les structures classiques  « non solidaires ». Les agences de voyages spécialisées et les guides suivent de prêt les projets de développement financés par les bénéfices des campements.

Ce sont les mieux placés pour conseiller le voyageur en fonction de ses centres d’intérêt mais aussi pour construire des circuits en fonction des projets de développement que le voyageur souhaite soutenir. 

En France deux agences Vision Ethique et Bastina, dirigées respectivement par Caroline Debonnaire et Stéphane Buljat connaissent bien la destination et proposent des circuits en petits groupes (minimum 4 personnes) à des tarifs très compétitifs en s’appuyant sur des acteurs locaux répondant aux mêmes exigences de qualité et de solidarité. Partir par ses propres moyens reste possible mais est déconseillé pour un premier voyage. Avoir recours à des agences de voyage spécialisées permet de partir sans se soucier de trouver le bon chauffeur ou le bon piroguier, ce qui est essentiel pour réussir son voyage casamançais, au vu de l’état de certaines pistes et du labyrinthe que forment les bolongs ! Vision Ethique et Bastina, tous deux membres d’ATD, sont des acteurs de terrain qui font gagner un temps précieux en logistique, mais aussi organisent l’accueil des groupes dans les villages : fêtes, spectacles de danses et rencontres avec des artistes comme le peintre-sculpteur Michaël Daffé à Ziguinchor sont des moments aussi inoubliables que difficiles à programmer seul. Enfin, leur caution morale assure un voyage solidaire et durable de bout en bout du séjour.

Ces voyagistes contribuent également directement au financement du développement économique du pays. En effet un fonds de solidarité des voyagistes, constitué d’un prélèvement de 12% sur leurs frais de voyage,  permet de financer des projets d’intérêt collectif.

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(Arrivée au Campement d'Elinkine où l'on peut séjourner dans des cases tout confort en dégustant notamment de délicieuses huîtres de palétuvier et en observant la richesse avicole de cette île aux oiseaux. L'argent du tourisme à Elinkine a contribué pendant des dizaines d'années à construire école et dispensaire et à aider socialement les personnes les plus en difficulté. Les jeunes du village participent à l'entretien du camp. Photo : Michaël Pronier)

D’autres composantes que le tourisme rural intégré peuvent agrémenter le voyage solidaire. Il peut tout aussi bien s’agir de privilégier les achats dans les coopératives agricoles et artisanales et les rencontres avec les artistes. Ces coopératives reversent souvent une partie de leurs bénéfices à des projets communautaires en plus d’employer souvent des personnes en difficulté ou des handicapés. C’est le cas de l’unité de transformation de noix de cajou de Senghalene qui finance l’école locale et vient en aide aux mères célibataires, ou encore du centre artisanal de vannerie d’Oussouye qui emploie des artisans handicapés.  Visiter les éco-musées permet également de découvrir la richesse des coutumes et l’attachement d’un peuple à sa culture.

Au cœur du village de Djembéring, non loin du campement intégré Asseb, Karfa, jeune villageois passionné par sa culture Diola, en habit de cérémonie, guide de petits groupes de touristes dans le musée en plein air de « Sangawat ». Un circuit en 5 étapes offre au voyageur une première approche des rites animistes, de la lutte, des différentes initiations au cours de la vie d’un Diola, de l’importance des fétiches et du bois sacré.

Assister à la récolte du vin de palme ou à la culture du riz sont des activités faciles à organiser qui permettent également de mieux appréhender la dimension agricole de la Casamance et de vivre son voyage au rythme des villageois.

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(A Djembéring, à quelques kilomètres de Cap Skiring le dépaysement commence avec la visite du musée en plein air de « Sangawat ». Karfa explique aux voyageurs la richesse de la culture Diola.Photo : Michaël Pronier)

 

Un tourisme solidaire étroitement lié à l’environnement

La Casamance, par sa luxuriance et sa diversité naturelle, axe également sa stratégie de développement sur la protection de son environnement : un large panel de projets « verts » permet de proposer une offre touristique basée sur la sauvegarde des paysages et des ressources, et la découverte de ses richesses faunistiques et floristiques. Autant de projets importants à soutenir pour maintenir une économie dans les zones naturelles et lutter contre l’exode rural.

L’un des projets de sauvegarde environnementale les plus aboutis de la région est soutenu par l’Océanium, une association sénégalaise de protection de l’environnement, également centre de plongée. Des aires marines protégées (AMP) sont créées par les communautés villageoises, avec un vrai statut juridique, ou au minimum un pouvoir exécutif réel de surveillance. L’objectif est double : la conservation des écosystèmes mais aussi des valeurs culturelles qui lui sont associées (respect de la pêche traditionnelle).

Ce vaste projet est mené en étroite collaboration avec les populations et avec l’appui de plusieurs partenaires dont une fondation de droit suisse, la FIBA (Fondation internationale du Banc D’Arguin), qui finance la valorisation et la promotion des écosystèmes littoraux en danger de la façade océanique de l’ouest africain (Mauritanie et Sénégal).

Dans les sites du Petit Kassa et de la Pointe Saint-Georges, des comités de gestion composés des membres influents des villages veillent  notamment à la sauvegarde des dernières familles de lamantins d’Afrique de l’Ouest, à la poursuite d’une pêche plus durable de la crevette après une phase de surexploitation - la ressource a été divisée par 5 dans certaines zones -, jusqu’à l’interdiction d’accès à certaines zones de la mangrove pour protéger les poissons juvéniles.

Ils sont aidés pour cela de comités de surveillance qui regroupent plusieurs jeunes de la communauté. Ensemble, ils essaient de trouver de nouvelles sources de revenus (en plus des campements), comme les balades « nature », les safaris « photo » des oiseaux des bolongs, des parties de pêche en pirogue…

Les AMP peuvent déjà se targuer de résultats positifs, notamment sur la faune : la biodiversité des poissons est passée de 50 à 80 espèces différentes dans les zones qui étaient les plus surexploitées. Le revenu de certains pêcheurs a été multiplié par 3 à 5, grâce au renouveau de la ressource halieutique.

Cette organisation en AMP favorise aussi une meilleure entente entre les pêcheurs et les villageois qui se disputaient et se jalousaient les zones de pêche et le peu de ressources restantes.

Les tensions passées et la pauvreté ont cependant provoqué un exode rural qui a littéralement vidé certains villages. La prochaine étape consiste donc à multiplier les activités économiques notamment touristiques pour stabiliser les jeunes au village et faire revenir ceux qui sont partis à Ziguinchor ou à Dakar.

En plus des AMP, d’autres expériences publiques ou privées de préservation de l’environnement et de développement durable sont menés en Casamance et peuvent être découvertes lors d’un voyage solidaire : le reboisement des mangroves dégradées (30 millions de plants de palétuviers dans la région), la gestion durable de la forêt de Kanoufa, le projet Bois Energie Sénégal ou encore le centre de tri sélectif et de traitement des déchets de Kabrousse.

 

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(30 millions de palétuviers plantés ! Voici l’objectif des populations locales pour reconstituer la mangrove avec l’aide de l’Oceanium. Avec 7 millions d’arbres plantés sur 1 500 hectares, Tobor, en Basse-Casamance, est aujourd’hui le village qui plante le plus au Sénégal ! Photo : Michaël Pronier)

 

Toutes ces découvertes peuvent construire un circuit « Développement durable » qui sera bien entendu destiné au grand public sensibilisé, mais aussi aux élus, techniciens et fonctionnaires territoriaux qui souhaiteraient connaître comment une région comme la Casamance base une grande partie de son essor économique sur le tourisme solidaire et le développement durable.

Qu’ils soient basés sur la solidarité ou la protection de l’environnement, l’objectif de ces projets de développement est toujours de permettre aux populations de prendre en charge leur destin à partir d’activités lucratives saines, basées sur le travail.

Et c’est un grand « plus » que de le montrer aux voyageurs responsables. Intégrer dans un circuit de voyage solidaire la visite de projets financés par les voyageurs des années précédentes permet aux « nouveaux » d’être informés des retombées potentielles de l’activité touristique sur les populations locales.

Le voyageur comprendra alors que séjourner ou consommer dans un campement villageois c’est permettre au village de renouer avec le développement, mais c’est aussi participer à la diminution de l’exode rural et contribuer à la paix en Casamance.

 

CONTACTS CASAMANCE :

Vision Ethique - Agence de conseil & d'organisation en voyages engagés. Transformez vos vacances en voyage solidaire et faîtes-en un vrai moment d'évasion mêlant échanges, cultures, diversité et authenticité.
http://www.vision-ethique.com/
contact@vision-ethique.com
Contact : Caroline Debonnaire : 09 50 71 66 41

Baština Voyages – Voyages équitables Si loin / Si proche
http://www.bastina.fr
bastina@bastina.fr
Contact : Stefan Buljat: 06 41 67 04 30 - Membre de la Fédération ATES (Association de Tourisme Équitable et Solidaire)

ICD AFRIQUE - Institut de coopération pour le développement en Afrique. Membre de l’Ates (Association de Tourisme Équitable et Solidaire)
www.icd-afrique.org
icd-afrique@icd-afrique.org
Contact : Henri Dalbies : 04 92 83 92 80
SENEGAL, Tambacounda : 0021 33 981 59 17

Office de tourisme de Casamance :http://www.casamance-tourisme.sn

Conseil Régional de Ziguinchor : www.crziguinchor.org

Fondation Internationale du Banc d'Arguin : www.lafiba.org  Présentation, projets, programmes, actualité de la fondation internationale du Banc d'Arguin.

L’Oceanium de Dakar  http://www.oceaniumdakar.com/

L’Autre Sénégal  - les plus belles randos VTT du Sénégal www.lautresenegal.com
contact@lautresenegal.com
Contact : Nelly Broglio 06 74 71 50 28

 

 michaelReportage en Casamance de Michaël Pronier, bénévole du Réseau ATD.