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Polynésie / Nouvelle-Calédonie: Bulles de Lagons promeut le tourisme durable



Polynésie / Nouvelle-Calédonie: Bulles de Lagons promeut le tourisme durableCrée en 2011 par Patrice Fournier, ancien agent de voyage, l’association Bulles de Lagons – Sentiers Vanille s’est donné pour objectif de promouvoir le tourisme durable en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie. Particulièrement en informant les visiteurs sur les structures d’accueil gérées localement sur l’ensemble des territoires et archipels.

Journal du Tourisme Durable : Patrice Fournier, quel est votre parcours personnel ?

J’ai démarré ma carrière il y a 35 ans en vendant des forfaits car-ferries pour la défunte compagnie Sealink  qui, à l’époque où le tunnel sous la Manche n’existait pas, acheminait par bateau les voyageurs de France ou de Belgique vers la Grande-Bretagne. Ensuite j’ai travaillé pour une filiale tourisme de la SNCF, Frantour, et lorsque celle-ci a été liquidée, je suis devenu agent de voyage, promouvant la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie pendant 17 ans. J’ai successivement occupé tous les postes : vendeur, chef d’agence, directeur commercial.

 

polynesieJournal du Tourisme Durable : Qui est membre de votre association ?

J’en suis le fondateur et le président, ma femme, ma fille, mon gendre et un réseau d’amis sont les bénévoles qui permettent de la faire fonctionner. Nos adhérents sont principalement des personnes originaires de Polynésie et de Nouvelle-Calédonie, qui souhaitent redonner à ces territoires leur beauté originelle, et les valoriser.

De nombreux étudiants originaires de ces îles et vivant actuellement en métropole, nous ont également rejoints, certains avec l’intention de pouvoir peser ainsi sur les décisions prises par les pouvoirs locaux concernant le tourisme.

 

Journal du Tourisme Durable : Quels sont vos objectifs ?

Nous voulons toucher les  touristes qui souhaitent venir visiter la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie, et qui privilégient une approche touristique plus responsable. Nous voulons les Informer sur les structures d’accueil gérées localement sur l’ensemble des territoires et archipels.

D’une manière générale la valorisation d’acteurs locaux d’activités touristiques impliqués dans la sauvegarde du patrimoine naturel est notre priorité.

Nous souhaitons également  inviter les touristes à partager les traditions et cultures des populations locales. Nous avons d’ailleurs sur le site, toute une partie consacrée aux traditions coutumières afin que les futurs visiteurs puissent mieux appréhender les spécificités locales.

Notre volonté est d’exercer un rôle d’information et de conseil en laissant l’organisation des voyages aux professionnels qualifiés. Nous sommes et demeurerons un intermédiaire de contact entre les voyageurs et les structures locales.

Depuis le lancement de notre site l’année dernière, nous totalisons 12 000 connections, et nous tournons aujourd’hui à environ 1 000 visites par mois.

 

Journal du Tourisme Durable : Quel est le contexte initial dans ces territoires ?

En Polynésie la défiscalisation a permis le développement d’infrastructures hôtelières touristiques et de transport aérien dans le but d’étoffer l’offre. Les objectifs étaient de créer de l’emploi dans ce secteur primordial et d’attirer les visiteurs sur les 5 archipels.

NC3La Nouvelle-Calédonie, moins dépendante économiquement grâce aux mines de nickel, a néanmoins investi dans des infrastructures d’accueil et les 3 provinces ont développé leurs propres outils de promotion.

 

Journal du Tourisme Durable : Quelle est la situation du tourisme aujourd’hui dans ces deux territoires ?

Les effets de la crise économique mondiale se font cruellement sentir dans ses deux destinations. Les visiteurs sont en baisse constante, et aujourd’hui la Nouvelle-Calédonie attire environ 82 000 visiteurs par an (majoritairement français, mais aussi australiens et néo-zélandais) alors que la Polynésie séduit 128 000 visiteurs (là aussi français en grande majorité, mais également américains et japonais). Dans cette dernière le tourisme lié aux voyages de noces, qui était une grande tendance locale, a fortement chuté, particulièrement auprès des touristes japonais. En comparaison les Iles Fidji, qui sont une destination historiquement plus prisée, attirent encore 380 000 visiteurs par an.

D’ailleurs le bureau de Tahiti Tourisme à Paris a fermé ses portes  récemment.

 

Journal du Tourisme Durable : La situation est donc en train de se dégrader ?

Elle empire en effet, car les grands complexes hôteliers installés en Polynésie, les premiers touchés par la crise, ont commencé à fermer un certain nombre d’infrastructures.  Ce qui pose un double problème : économique et environnemental. Economique, car cela implique le licenciement des salariés locaux, même si de petites équipes restent sur les sites pour l’entretien général. Environnemental, car ces complexes n’étant plus en activité, si il y a des failles dans la maintenance, cela pourrait poser de graves problèmes environnementaux, particulièrement de bordure de lagon.

 

Journal du Tourisme Durable : Parlez-nous un peu plus des structures dont vous souhaitez faire la promotion

Notre association ayant pour vocation de promouvoir le tourisme durable, nous avons tendance à soutenir les petites structures tenues par des locaux. La petite hôtellerie familiale en particulier, permet de maintenir un emploi sur les îles et freine ainsi l’exode vers Papete ou Nouméa. Ce sont des emplois qui ne sont pas délocalisables. Dans un contexte de fermeture de certains grands complexes hôteliers, ce maintien de structures locales est impératif.

En Polynésie un fort pourcentage de la petite hôtellerie appartient à des Polynésiens. En Nouvelle-Calédonie, les trois communautés présentes sur l’île principale et les archipels (les Mélanésiens – les Kanaks, les Caldoches, descendants des colons français, et les résidents d’origine métropolitaine) se partagent le marché.

 

Journal du Tourisme Durable : La mise en avant de certaines structures implique-t-elle le versement de commissions ?

En aucun cas ! L’objectif de Bulles et Lagons est clairement de soutenir le tourisme durable dans ces territoires, ce qui implique un soutien aux structures locales qui s’investissent. Mais il est hors de question d’en recommander une par rapport à l’autre. Nous indiquons les liens vers les sites des partenaires qui nous ont rejoints, mais en aucun cas nous n’avons vocation à faire des recommandations explicites.

Je l’ai déjà précisé, note vocation est d’exercer un rôle d’information et de conseil en laissant l’organisation des voyages aux professionnels qualifiés.

 

Journal du Tourisme Durable : Vous venez d’évoquer les aspects sociaux et économiques du tourisme durable, qu’en est-il du volet environnemental ?

Il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui ce n’est pas l’aspect qui prédomine. Mais il serait injuste de ne pas mentionner et valoriser la volonté des gouvernements territoriaux de protéger les espaces marins et la biodiversité.

Polynsie_2 Les 2/3 du lagon néo-calédonien (qui constitue la deuxième plus grande barrière corallienne continue du monde après celle de l'Australie) est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La Polynésie applique très strictement la politique nationale de protection des espèces marines. D’autres initiatives et actions mises en place par les gouvernements locaux sont en cours : classement de la flore endémique en Nouvelle-Calédonie par exemple, ou extension des sites inclus dans les réserves naturelles protégées en Polynésie.

Notre association s’engage à communiquer sur ces projets fondamentaux.

En ce qui concerne les structures d’accueil, il est difficile d’indiquer une sélection d’hébergements qualifiés d’éco-lodges. Mais des initiatives voient le jour. Prochainement, sur l’atoll d’Ahé en Polynésie (archipel des Tuamotu) s’ouvrira le Coco Pearl Lodge, un établissement qui respectera une douzaine de critères « verts » tels que l’utilisation de panneaux solaires, le retraitement des eaux, la fabrication des bungalows à partir d’essences locales exclusivement…

 Des efforts sont faits sur l’ensemble des territoires pour que les produits locaux soient favorisés. Avec une balance des produits défavorable en Polynésie par exemple, il est clair que la valorisation des produits frais locaux est une nécessité.

Concernant ce volet environnemental, Bulles et Lagons –Sentiers Vanille est ambassadeur de la charte internationale centre de plongée responsable. A ce titre la charte internationale du plongeur responsable figure sur notre site.

 

Journal du tourisme Durable : Quelques mots de conclusion ?

Au-delà des mythes et des clichés touristiques, la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie invitent à rencontrer des peuples aux cultures différentes nés des migrations du vaste espace océanique du Pacifique Sud. Coutumes et traditions ancestrales sont aussi fragiles que le fabuleux patrimoine naturel de ces territoires, leur point commun est le témoignage vivant de l’histoire de ces cultures et des origines de leurs archipels. Venez les découvrir. De manière responsable.

Site Internet: bullesetlagons.asso-web.com/index.php