Dimanche 05 Février 2012
Le 2 février, comme chaque année depuis la signature de la convention sur les zones humides, le 2 février 1971 à Ramsar en Iran, nous avons célébré la Journée Mondiale des Zones Humides.
Les zones humides sont définies comme des étendues de marais, de tourbières, de prairies humides, de lagunes, de mangroves… Elles se caractérisent par une biodiversité exceptionnelle. Ces milieux jouent un rôle primordial dans la régulation de la ressource en eau et dans la prévention des inondations.
Au cours des dernières décennies, le drainage, l’irrigation, la pollution, le changement climatique, ont entrainé un fort recul des zones humides dans le monde. La France, par exemple, a perdu 50% de ces zones humides entre 1960 et 1990, notamment dans le cadre de l’aménagement du territoire.
La préservation de ces zones est un donc un enjeu majeur à l’échelle mondiale, car les implications environnementales, économiques et sociales sont immenses. Notamment celles des zones humides dites « ordinaires », souvent très localisées.
Cette année la journée était organisée autour du thème « Le tourisme dans les zones humides : une expérience unique ». Le tourisme de masse exerce une pression particulière sur ces zones sensibles. Un afflux touristique important conduit à une surexploitation des ressources, qui, dans le pire des cas, peut mener à leur épuisement total, donc à l’arrêt brutal du développement touristique.
Cet afflux peut conduire également à des dégâts irréversibles tels que : les dommages causés aux récifs coralliens par l’amarrage sauvage des embarcations de plongée ou par des guides de plongée et des plongeurs mal formés ; les effets du piétinement par un taux de visiteurs non contrôlé dans des habitats sensibles comme les tourbières, entraînant par exemple une érosion ; la perturbation excessive des populations d’oiseaux nidificatrices…
Il y a aussi de nombreux exemples d’impacts négatifs sur les communautés locales lorsque le développement du tourisme exclut les usagers locaux de la zone humide en faveur des touristes, causant ainsi des impacts sur les moyens d’existence locaux.
Une gestion plus intelligente, alliant protection et valorisation, peut en revanche renforcer l’attractivité des ces zones humides, tout en préservant leur merveilleuse spécificité. La baie du Mont Saint Michel avec ses prés salés et ses montons, la Camargue avec ses taureaux et ses flamants roses, le Marais Poitevin avec ses canaux verdoyants... sont des exemples français de tourisme responsable en zone humide.
Un tourisme bien géré à l’intérieur des zones humides et dans leurs environs, peut apporter des avantages non négligeables, tant au point de vue économique qu’environnemental, au niveau du site, comme au niveau régional ou national. Les communautés et les collectivités locales peuvent en bénéficier sur le plan économique, notamment au niveau des revenus et de l’emploi.
La zone humide elle-même est gagnante lorsque le revenu du tourisme (droits d’entrée, produits locaux, etc.) est directement consacré aux mesures de conservation du site, associant le tourisme à la conservation à long terme.
Le revenu peut servir à former des guides locaux et des agents de tourisme, à leur expliquer les caractéristiques fondamentales de la zone humide pour qu’ils puissent faire comprendre en termes simples les mesures de conservation aux touristes dont ils ont la charge – et, par la même occasion, modifier leur comportement pour atténuer les impacts sur les ressources naturelles.
Une signalisation appropriée dans les zones humides, des brochures simples, peuvent aussi démontrer aux touristes les valeurs des zones humides et les avantages que nous pouvons tous en tirer.
Site Internet: http://www.zones-humides.eaufrance.fr/


