« La présence du loup sur le massif vosgien va totalement à l’encontre du pastoralisme », Guy Vaxelaire (ANMSM):

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 « La présence du loup sur le massif vosgien va totalement à l’encontre du pastoralisme », Guy Vaxelaire (ANMSM):Maire depuis 1977 de la commune de la Bresse dans les Vosges, à 57 km d'Épinal, Guy Vaxelaire est aussi Vice-Président de l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne (ANMSM) qui fédère une centaine de stations de montagne sur six massifs français. Alors que les vacances d'hiver touchent à leur fin, rencontre avec un expert engagé du tourisme durable qui n'hésite pas à mouiller la chemise pour faciliter le dialogue et les compromis constructifs entre l’État et les acteurs locaux.

Journal du Tourisme Durable: La Chartre des stations de montagne en faveur du développement durable a été signée en 2007. Les mentalités changent mais qu’est-ce qui, concrètement, a changé sur le terrain dans la gestion des stations ?

La gouvernance avec l’action partenariale sur le terrain : un comité de suivi comprenant des socio professionnels, des institutionnels et le milieu associatif qui s’obligent, ensemble, à une réflexion sur l’état actuel et à se projeter à 3 ans et à 10 ans sans sujets « tabou » avec en plus la mise en place d’un référent par station, lequel devient  automatiquement, vis-à-vis de tous les services, le responsable d’une démarche transversale.

Journal du Tourisme Durable: L’Eco-Guide de la montagne, réalisé par l’association Mountain Riders et dont l'ANMSM est partenaire depuis 6 ans, rencontre un franc succès dans les écoles et auprès du grand public. Pour les professionnels, cet outil est-il pratique et utile également ?

C’est une excellente sensibilisation de tous les publics avec un succès encore plus assuré quand, au niveau éducation, de jeunes scolaires ont pu aborder le sujet. Automatiquement, il y a des effets induits qui peuvent être interprétatifs dans la mesure où il faut répondre à des questionnaires mais cela donne une motivation à chaque professionnel pour se situer, voire se remettre en cause, et envisager l’avenir.

Journal du Tourisme Durable: Comment peut-on favoriser davantage encore l’usage des cars et autres transports collectifs en montagne ? Comment améliorer l’offre ?

Les transports collectifs concernent différents partenaires nationaux et régionaux (SNCF, aéroports…), et l’implication des collectivités départementale et régionale. Pour améliorer l’offre il faut un schéma de transport. Il faut toujours différencier le transport vers une station française ou une destination lointaine à l’étranger car ceci provoque aussi des gaz à effet de serre… Différencier le transport vers la station et à l’intérieur de la station.

En organisant le transport, on peut supprimer une partie de la triste réalité, à savoir que dans une station il faut, pour un  même client, au fil de la journée, plusieurs places de parking selon ses déplacements. Le transport collectif peut régler cela ; quant à ceux qui pratiquent le covoiturage, ils peuvent bénéficier de réductions ou d’autres d’avantages. Lors du bilan carbone, le transport demeure bien le point numéro un à améliorer dans les stations de montagne...

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Journal du Tourisme Durable: Selon vous, comment accélérer la reconstruction des structures de sports d’hiver, construits dans les années 70 et inadaptés en terme d’écologie ?

C’est un vrai débat, voire un défi, nous interrogeons sans cesse l’Etat et ses représentants sur le sujet de la réhabilitation de l’existant. Jusqu’à ce jour, la situation de facilité consiste à mettre en place des défiscalisations pour la construction d’appartements neufs mais ce n’est pas pour cela que les stations se remplissent mieux ou reçoivent plus de clients. Donc, nous demandons des mesures incisives afin que les hébergements collectifs anciens ne deviennent pas des friches en zones de montagne. On est bien conscient de plusieurs problèmes : les hébergés ne se satisfont plus des mêmes locaux qu’il y a 20 ou 30 ans dans leurs structures. Des travaux de réhabilitation et d’isolation sont plus amortissables pour ceux qui séjournent à l’année ou qui louent alors que pour ceux qui restent quelques semaines le problème demeure.
 
Journal du Tourisme Durable: Pourquoi vouloir éradiquer les loups du massif vosgien ? Ce n’est pas l’esprit de la Charte du développement durable signée par l’ANMSM en 2007…


Il faut revenir à la directive de BERNE il y a 40 ans parce qu’il n’y avait plus de loups en France. Depuis cette date  la réintroduction naturelle s’est faite via l’Italie et le Massif du Mercantour. On recense à ce jour 180 à 200 loups en France. On peut dire aussi que  3 700 à 4 000 ovins sont reconnus victimes au titre du « dégât loup ».  C’est une réalité, sachant que le loup est un indicateur de la biodiversité, ce n’est pas le seul.

Sur le massif vosgien, nous avons constaté depuis 2011, la réapparition du loup dans notre massif, lequel a deux particularités :  il est très petit, très dense en population (80 habitants au km2). On y comptait, il y a quelques décennies une activité agricole de seul type bovin avec les phénomènes de transhumance et fermes auberges. Cette agriculture occupe toujours les parties sommitales semblables aux alpages dans le massif des Alpes.

Par contre, avec l’action des professionnels et des municipalités, nous avons pu reconquérir l’espace des terrains non mécanisables en utilisant dans beaucoup de cas des troupeaux d’ovins.

Journal du Tourisme Durable: Vous avez quelques chiffres à nous donner ?

Nous comptons sur le territoire de la communauté de communes de la Haute-Moselotte 2700 ovins appartenant à une dizaine de propriétaires et répartis dans 30 ou 40 parcs permanents. Dans les Alpes la solution mise en place avec le regroupement chaque soir des troupeaux puis le gardiennage par des chiens patou n’est pas du tout possible dans le massif vosgien.

De plus on mesure les effets induits dus aux chiens patou dans un  massif  aussi dense en population. Avec les dégâts de 2011, on constate en plus que la présence du loup sur le massif vosgien va totalement à l’encontre du pastoralisme recherché et encouragé  depuis plusieurs décennies avec le concours des collectivités publiques. Nos éleveurs sont découragés au point d’envisager de tout abandonner. Effectivement, il faut toujours adapter toute nouvelle mesure au massif concerné.

Journal du Tourisme Durable: Question sensible, comment vraiment réduire l’utilisation des canons à neige ?

Il faut reconnaître que la neige de production est nécessaire dans les parties exposées sud, dans des domaines bas de station mais elle ne peut pas prendre la place de la neige naturelle sur tout un domaine.

C’est, dans les faits, une garantie neige qui doit être étudiée  en fonction de la capacité en eau du même secteur, sans oublier que l’eau utilisée pour la fabrication de neige retournera dans son milieu naturel à la fonte des neiges. Il n’y a pas, contrairement aux  utilisations industrielles, agricoles etc..  d’évaporation.

Journal du Tourisme Durable: Et quid de la neige artificielle alors ?

Il est abusif de parler de neige « artificielle » car il n’y a aucun additif ; ce n’est qu’un mélange d’eau, d’air et de froid. Un rapport a été établi par des inspecteurs généraux et ils posent les bonnes questions, à savoir quantifier les ressources et évaluer les impacts positifs et négatifs, station par station.

Pour le massif vosgien, s’il n’y avait pas eu de neige de production ces deux dernières années, nous aurions connu des saisons très médiocres avec plusieurs centaines d’emplois qui en dépendent.

Site Internet: www.anmsm.fr

Proposé par Redaction ATD

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