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Tourisme en Bretagne : L’île de Groix en quête d’équilibre



Tourisme en Bretagne : L’île de Groix en quête d’équilibreLes chiffres parlent parfois d’eux-mêmes. En hiver la commune de l’île de Groix, située dans le Morbihan non loin de Lorient, compte à peine 1 500 âmes. C'est la deuxième plus grande des îles bretonnes. En période estivale, tout comme sur les quatorze autres îles du Ponant qui bordent cette partie de la côte bretonne, la population de l’ïle de Groix est parfois multipliée par dix ! Pour les élus, qui gèrent ce petit territoire fragile de seulement 8km de long sur 3km de large, le défi est donc grand. Tout en veillant à l’équilibre des finances de la ville et au maintien de l’emploi local, les édiles doivent à la fois maîtriser l’appétit grandissant des industriels du tourisme et protéger la nature. Focus sur les efforts entrepris ces dernières années par des groisillons convertis aux vertus du développement durable.

Outre son désormais incontournable Festival International du film insulaire, qui présente chaque année une sélection de documentaires, de courts-métrages et de films d'animation en rapport avec la vie insulaire dans le monde, l’île de Groix peut bien entendu aussi compter sur ses atouts naturels, ses charmes culturels, son authenticité, ses falaises et son exotisme insulaire pour attirer les touristes. Toutefois, ce succès grandissant complique la gestion du territoire.

Une pression croissante sur l’environnement

Dans la région, on a vu fleurir des terrains de golf, des clubs hippiques, des écoles de voile, de plongée, de surf , des parcs à thèmes ainsi que de nombreuses maisons secondaires. Sur l'île de Groix plus particulièrement, les voyageurs peuvent même opter pour des hébergements atypiques (voir le vidéo reportage) . Les élus de l'île doivent donc rester vigilants. Dans la région, ces transformations ne se sont pas toujours fait sans mal et ce tourisme de masse a pu engendrer des problèmes de gestion de l’eau potable par exemple. Ainsi depuis 2006, contrainte d’importer régulièrement de l’eau potable du continent, la voisine Belle-île-en-mer a du se doter de deux installations de dessalement d'eau de mer et la commune planche sur la recherche d'eau de ruissellement souterraine. Du côté de la mairie de Groix, on se montre rassurant : «  Groix peut se vanter d’être encore  indépendante en eau tout au long de l’année et, pour alléger nos facture d’électricité, nous travaillons même sur un projet d’éoliennes en mer » assure un responsable.

 


Quid de la pression immobilière ?

« La location chez l’habitant ou de résidence secondaire constitue la principale forme d’hébergement », selon ce même responsable. Sous la pression touristique et la rentabilité de cette formule, les logements destinés majoritairement à la location se multiplient et les résidences secondaires constituent plus de 50% des habitations selon elle. Et le système de chambre d’hôte se développe également de plus en plus, facilitant ainsi un contact réel avec les habitants et un partage culturel. Plus récemment, des gites ont commencés à ouvrir dans les différents villages et on notera particulièrement la présence de trois gites labellisés Gites de France dans les villages de Kerloret, Stang Er Marchnet et Toul Pri.

Un territoire davantage protégé

Pour conserver son caractère authentique, et préserver au mieux la biodiversité locale, une Réserve biologique et géologique avait déjà été créée en janvier 1978 (voir un reportage vidéo d'archives sur le site de l'INA). Dans cette Réserve naturelle de 47 hectares, baptisée François Le Bail, on y protège une grande diversité d’oiseaux marins (Grand Corbeau, crave à bec rouge, busard des roseaux, hibou moyen duc, bruant des neiges, pluvier guignard...) et de multiples plantes (ophrys abeille, orchis à fleurs lâches...) ainsi qu’une richesse géologique étonnante et unique en France (glaucophane bleu, épidote, grenat, micaschifste... ) datant parfois de plus de 400 millions d'années.

Dans la Réserve, où oeuvrent quotidiennement deux salariés de l’association Bretagne Vivante, les voitures ne sont pas tolérées. Les vélos, pour des raisons de sécurité et pour protéger la flore, ne peuvent pas circuler dans les zones touchées par de fortes érosions. Par ailleurs, des panneaux d’information ont été installés le long des sentiers. A la fois pédagogiques et préventifs, ils rappellent aux voyageurs les règles de comportement à suivre.

Enfin, l’accès à la Réserve ne se limite bien sur pas aux chercheurs, aux naturalistes et autres professionnels de l’environnement : « Des visites encadrées par des spécialistes de la faune, la flore et de la géologie de l’île sont proposées aux profanes tous les jours en été, et une fois par semaine le reste de l’année » explique Catherine Robert, animatrice au sein de la Maison de la Réserve de l’ile de Groix. Ici la vulgarisation scientifique y est à l’honneur. « Les mécanismes de l’écosystème insulaire, grâce auxquels un équilibre est rendu possible, sont décortiqués et nous informons les gens sur les risques que représente une intrusion humaine trop invasive. » ajoute l’intéressée.

velo-groix

Des modes de transports plus variés

A ce jour, l’unique façon d’arriver sur l’île est le bateau. Un service de ferrys assure l’accès à l’île depuis Lorient, toutes les deux ou trois heures. A noter que, à bord, les personnes à mobilité réduite peuvent utiliser un ascenseur, être aidées par le personnel et utiliser des sièges adaptés. Pour une traversée estimée à une cinquantaine de minutes. Une fois sur terre, il est possible d’emprunter les transports en commun. « Sur Groix, les lignes de bus 80 et 81 du réseau CTRL de Lorient permettent de se déplacer au travers de l’île »  explique Liliane Adam, propriétaire de trois gîtes labellisés Gîte de France sur l’île de Groix.

Et roule t-on davantage sur les routes de l'île de Groix, ou pas ?  L’arrivée massive des touristes pendant la période de juillet août conduit souvent à un engorgement massif des routes par les voitures des estivants. Cependant le recours à l’automobile tendrait à décroître. Le nombre de voitures transportées ainsi chaque été, par bateau, est resté constant ces dernières années mais celles-ci semblent de plus en plus délaissées une fois sur l’île, selon la Mairie. Témoin privilégiée sur place, l’hôtelière Liliane Adam témoigne : « La location de vélo est très développée sur l’île et les pistes cyclables se sont étendues au cours des années. Les routes de certains villages tendent à devenir des routes piétonnes dans les années à venir » 

Pour continuer à progresser, l'équipe municipale recherche d'ailleurs actuellement un " Agent de développement Tourisme Durable". Celui-ci aura pour mission,  dans le cadre d'e l'appel à projet lancé par la Région Bretagne « Émergence de territoires volontaires pour un tourisme de développement durable », de donner une suite constructive au diagnostic réalisé récemment en concertation avec les acteurs et les partenaires du territoire. Un travail de longue haleine mais passionnant...

Crédit photo en page d'accueil: http://tydubs.over-blog.com

 

Clément Rambour, bénévole rédacteur ATD

1) Office de tourisme de l'ILE de GROIX :
Tel: 02 97 847 800
iledegroix@lorient-tourisme.fr

2) Mairie de Groix
13, place J. Yvon
56590 Ile de Groix
Tel 02.97.86.80.15

3) Réserve naturelle de l'Ile de Groix
Catherine Robert
Courriel: rn.groix@wanadoo.fr

Site Internet: http://www.groix-tourisme.fr/