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Mercredi 2 avril 2014

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Les Cinq Terres en Italie: pas de tourisme sans développement durable



Les Cinq Terres en Italie: pas de tourisme sans développement durable Jadis coupés du monde, les habitants des Cinq Terres ont été assaillis par les touristes dans la seconde moitié du XXème siècle. Le charme pittoresque de ce territoire escarpé, désormais classé au patrimoine de l’Unesco, a bien failli coûter leur perte ! Heureusement, autorités locales et opérateurs touristiques coopèrent désormais en œuvrant ensemble à la mise en œuvre d’un développement durable de l’industrie touristique. Pour le plus grand bonheur des habitants mais aussi des goéland leucophée, des faucons pèlerin, des grands corbeaux, des couleuvres d’Esculape, des salamandres, des dauphins..

 

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Les Cinq Terres ? Ce sont cinq villages : Monterosso al Mare, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore. Tous situés à pic sur la mer, dans le Nord-Ouest de l'Italie. Le relief, accidenté et abrupt, a longtemps coupé ses 5 000 habitants du reste de la région. Mais les hommes sont restés et, avec le temps et beaucoup de savoir faire, ils ont aménagé leur territoire de 38 km2 en créant des terrasses soutenues par plus de 7 000 kilomètres linéaires de murs à « sec ». Une prouesse technique, réalisée sans ciment, qui a permis aux agriculteurs et aux cultivateurs locaux de rester au pays pour travailler des vignes fines, des oliviers, des agrumes...

L'environnement des Cinq Terres se dégradait rapidement...

Dans les années 90, l'arrivée de nouveaux axes routiers favorise un exode rural massif. La faiblesse des rendements agricoles et la pénibilité du travail encouragent alors les plus jeunes à partir chercher du travail dans les villes proches. Les villages sont désertés. Les parcelles d'agriculture et leurs murets porteurs sont alors laissés à l'abandon. Cela engendre des éboulis, détruisant petit à petit le paysage idyllique de bord de mer. Ce processus de détérioration est accéléré par un flux touristique dense que les villages ne peuvent pas supporter. « Le nombre de visiteurs avoisinait déjà les un million par an » précise M. Peronne à la Direction du Parc national. Ces sites semblent destinés à devenir des villages-fantôme.

 

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La création d'un Parc national en 1999 

Dans un sursaut, les autorités ont réagi en utilisant le tourisme comme levier de développement économique et social. Pour commencer, un dispositif institutionnel ambitieux est mis en place avec la création d'une Aire Marine Protégée (AMAP) en 1997. La même année, le site est classé au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO. Enfin, les autorités créent le Parc National des Cinq Terres (PNCT) en 1999. Depuis cette date, le territoire est devenu une vraie pépinière de projets qui, chacun à leur manière, font des Cinq Terres une destination durable.

Une stratégie de tourisme durable

 

L'entrée du Parc devient payante pour les visiteurs à qui l'on délivre une 5 Terre Card ! Celle-ci donne accès aux différents services du parc (minibus écologiques, bicyclettes, musées, moulins). Une partie de la vente de ce titre est réinvestie pour prévenir les phénomènes hydrogéologiques. Cela permet aussi de financer la récupération et la restauration de parcelles abandonnées, de subventionner les agriculteurs, de former les jeunes du pays aux savoir-faire ancestraux... « La restauration de parcelle est d'ailleurs l'un de nos principaux projet à l'heure actuelle. La tempête de l'hiver dernier a provoqué de grand ravages. » témoigne M. Peronne.


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Une politique de transports inteligente

En matière de transports, les villages sont fermés aux véhicules extérieurs. Des parkings sont aménagés à l'entrée des villages. Des navettes électriques sont mises en place pour que les visiteurs rejoignent les sites touristiques. De même, le réseau ferroviaire est renforcé.

Pour les hébergeurs, les autorités locales créent une certification de qualité environnementale destinée aux structures touristiques, un label nommé « Marchio di Quality Ambientale ». Celui-ci permet d'assurer un niveau de qualité élevé, de contrôler les prix des produits touristiques et d'instaurer chez ces partenaires des pratiques écologiques. Début 2008, « les facilités d'accueil qui ont décroché le label de qualité sont au nombre de 176. Parmi lesquels : des chambres meublées, des chambre d'hôtes et des hôtels. Par ailleurs, en 2010, près de 90% des opérateurs locaux étaient adhérents. » confie M.Perrone, pas peu fier.

Des bénéfices sociaux indéniables pour les locaux

Enfin, la population locale profite de ce développement. Par exemple avec la gratuité des transports en commun, avec des conseils relatifs à l'équilibre alimentaire, avec un service d'emplettes gratuit pour les plus âgés, avec la création d'une crèche, avec le développement d'activités destinées aux personnes en situation de handicap, avec la mise en place d'infrastructures utilisant l'énergie solaire...

Un cercle vertueux est lancé ! Au Cinq Terres, le Tourisme n'est plus une menace. Grâce aux efforts de l'Office de gestion du PNCT, il semble que cette destination parvienne à maîtriser les impacts du tourisme de masse. La croissance économique suit son cours, mais dans le respect des hommes, de leur culture et de leur environnement.


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Article rédigé par Emmanuelle Masingarbe

Site Internet: www.parconazionale5terre.it/