LE BACKPACKING EST-IL UNE FORME DE TOURISME DURABLE?

lundi 5 septembre 2016
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LE BACKPACKING EST-IL UNE FORME DE TOURISME DURABLE?
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Un mardi sur deux, ATD organise un chat' sur Twitter avec des invités spéciaux. Une réflexion s'est construite avec différents intervenants impliqués dans le développement durable : le backpacking est-il une forme de tourisme durable ?

Le backpacking est-il une forme de tourisme durable ?

Environnement : hébergement et transport

Un backpacker fait du tourisme durable s’il est respectueux de l'environnement [Blog Solcito]. En général, le backpacker voyage simplement, fuyant le côté ostentatoire de certains hôtels de luxe [Blog Solcito]. Le choix de l'hébergement est important, mais également celui du transport : un backpacker responsable utilise des moyens de transport doux / lents, qui permettent d’être au contact de la population et donc de la culture locale [Hopineo]. Idéalement, les backpackers les plus engagés se déplacent à pied ou pratiquent l’auto-stop.

Culture locale et contact humain

Pour enrichir un voyage, se rapprocher de la culture locale est inhérent à la philosophie du backpacker [Widetrip]. Il voyage :

  • en abordant de façon confiante les rencontres sur place [Claire Batard]
  • en petit groupe et en utilisant des infrastructures locales [ATES]
  • seul pour faciliter les rencontres.

Beaucoup de voyageurs américains solitaires qui font des roadtrips en Europe participent aux balades“Économie Sociale et Solidaire” de Widetrip.

“Voyager en sac à dos” permet d’adapter son voyage aux rencontres, de prendre le temps d’écouter les conseils et de choisir en fonction de son envie du moment, comme s'attarder quelque part si on le souhaite … [Viatao]

Oui, mais attention ...

Le backpacker, est-il un voyageur responsable ? Tout dépend de ce que l’on met derrière le mot “backpacking” : “le sac à dos, à lui seul, n'est pas un gage de tourisme durable” et “heureusement, on peut faire du tourisme durable en valise !” [Globe blogueurs]. Le tourisme durable est un état d’esprit, non une pratique.

Aussi, le backpacker n’est pas toujours dans un état d’esprit humble ou responsable. Parfois, on note même de la suffisance chez les backpacker [Viatao], phénomène bien résumé dans l’article “Nous sommes tous des abrutis de touristes” ou encore à travers ce “petit portrait cynique” du backpacker [Claire Batard].

Il serait donc plus opportun de parler de “tourisme alternatif” plutôt que de tourisme strictement durable.

 

Quels sont les facteurs de la tendance “backpacking” ?

L’accessibilité

Tout d’abord, avec Internet, nous avons accès à une multitude de blogs, photos et articles, qui donnent envie de faire son propre tour du monde [Claire Batard], de vivre et découvrir quelque-chose de différent (propre au voyage) !Par exemple : le blog “Un sac sur le dos”.

Internet et économie collaborative [Hopineo] facilitent donc le voyage du backpacker.

Plus d'informations, plus d’accessibilité prix et ce, notamment, grâce à la désintermédiation -la suppression des intermédiaires. A contrario, nous assistons aussi à la réintermédiation : beaucoup de backpackers sont très connectés (Génération Y). Mais cela peut aller dans le sens du tourisme durable : le récit virtuel des uns inspire le vécu réel des autres, et le virtuel peut favoriser les vraies rencontres (le virtuel au service du réel).

De nouvelles attentes

Les nouvelles générations recherchent moins de superflu, plus d'authenticité, pour de petits budgets [Sara Duong], réalité propre à l’hyper-modernité.

Si le backpacking répond à un besoin de liberté [Widetrip], de découverte de l’Autre, de l’Ailleurs et par soi-même, une volonté de “revenir au réel” dans un monde ultra-connecté [Globe blogueurs], il est également pour [Viatao], une volonté d’indépendance qui laisse une marge de manœuvre : un voyage “à la carte” qui préserve le piment des imprévus.

 

Concrètement, comment sensibiliser les backpackers au développement durable ?

Les backpackers voyagent souvent sans intermédiaires ; Il n’est d’ailleurs pas évident de trouver par quel moyen les sensibiliser. En général, ils ne partent  jamais sans faire un tour sur le web [Sara Duong]. C’est donc un support à exploiter ! D'où l'importance et le rôle des blogueurs de voyage dans la sensibilisation au tourisme durable : ce sont des “influenceurs”[hopineo]. En ce sens, il existe une belle initiative, celle du Collectif Ecogreen, initié par SchuldisWorld et dont les membres sont : Soundwave on the road, Nowmadz, A Ticket to ride et The Green Geekette.

Sensibilisation positive et inspirante

Sensibiliser les backpackers au tourisme durable doit donc être tout, sauf rabat joie ! "Pas question de faire la morale et écrire des récits inspirants et sincères” [Globe blogueurs].

Cela peut passer par une invitation à des événements festifs, par exemple : le No Mad Festival qui s’est tenu en juin à Cergy Pontoise, ou bien l’Asian Afterwork organisé par l’ATES en mai dernier !


Ils sont également preneurs d’offres de tourisme alternatif et durable comme les “HopTrips” d’Hopineo, dont le slogan est “je voyage et je troque” !

Autre exemple donné par Widetrip : en Inde, dans l'État du Kerala, beaucoup d'initiatives se sont développées en ce sens, avec des coopératives autonomes qui font découvrir aux voyageurs des actions positives locales, invitant à la réflexion.

L’accès à la future charte éthique du voyageur de ATR [LouiseDesmoulains] ou encore à la future vidéo de sensibilisation d’ATD sont autant d’outils incitatifs pour voyager en mettant l'accent sur les différents bénéfices voyageurs, locaux et environnementaux [Hopineo]

Il existe également d’autres outils pratiques, tels les guides Tao de Viatao (guides de voyage responsable),  des plateformes communautaires ou encore des applications sur des thèmes très ciblés, créatrices de lien entre locaux et voyageurs [La Boxtrotter]. En effet, le numérique utilisé à bon escient est un “formidable outil” sans oublier la connexion humaine bien-sûr, qui est la finalité ! [Hopineo]. On pourrait parler de connexion virtuelle au service de la connexion humaine.

Et parfois, “il faut savoir lâcher son guide et se laisser guider par les rencontres” [Viatao].

 

Quel serait le “kit” moral et matériel du backpacker responsable ?

Préparer son voyage …

Pour “bien voyager”, il est recommandé de bien préparer son voyage, de s’informer. D’ailleurs, n’est-ce pas là une source de plaisir qui donne déjà l’illusion de partir un peu ? [Viatao]

Comment faire ?

  • Faire quelques recherches sur la culture locale afin de pouvoir mieux la comprendre et mieux la respecter [Widetrip]
  • Lire des blogs comme L’Oiseau Rose ou Nomad Junkies pour collecter des informations de terrain [Louise Desmoulains]
  • Vérifier la qualité des sources d’information (s’informer intelligemment) car un voyageur responsable est un voyageur éclairé [Viatao]
… et son sac !

Pour “voyager responsable”, mieux vaut disposer d’un sac adapté :

Adopter le bon comportement

Voyager en conscience, c’est, bien entendu, prendre en compte la dimension humaine du développement durable en adoptant des attitudes respectueuses [Globe blogueurs], et en faisant tout simplement preuve de bon sens! [Schuldi’s World]

C’est aussi un état d’esprit marqué par l'envie de partager et non de "consommer" [Viatao] et de se questionner lors de chaque choix (ça pourrait même être une des bases du “kit du voyageur responsable”) [Hopineo]

Plusieurs petites idées et solutions concrètes  sont reprises dans les Guides Tao ou le Routard Tourisme responsable [ATES]  ou des échanges directs avec les locaux [La Boxtrotter]

 

Quelles structures pour se comporter en backpacker responsable ?

La réponse est unanime : “il en existe des tas”, et pour toutes les étapes du voyage !Sur les sites des voyagistes responsables, on trouve beaucoup de conseils “développement durable”, et souvent par destination [ATR] comme chez l’agence Double Sens ou comme la plateforme Hopineo. Il existe aussi le principe des chartes dont celle d’ATR : en 2016, la Charte éthique du voyageur fête ses 20 ans, et elle a déjà été distribuée à plus de 2 millions de touristes.

Côté hébergement, citons Airbnb, Gamping.fr, Couchsurfing… mais de nombreux modes d’hébergement sensibilisent les voyageurs au développement durable : les auberges de jeunesse Hostelling International et leurs chartes de développement durable, le Jam Hostel Barcelona avec son jardin communautaire et cours de yoga par de jeunes locaux.

Pour visiter, il est possible de faire appel à des guides locaux via So Guide, utiliser les guides Tao (responsables et durables) édités par Viatao ou encore de sillonner en prenant son repas chez l’habitant avec VizEat.

Les structures scolaires ont aussi un rôle important à jouer dans l’éducation au tourisme responsable compte tenu de l’âge moyen des backpackers. Même si encore trop peu d’écoles  sensibilisent sur le sujet, certains profs d'Histoire Géo s’y emploient… [clairebatard]. Les réseaux ATR et ATES sont très connus des écoles de tourisme (bonne nouvelle !) Et d’autres beaux exemples fleurissent en ce sens : la Leeds Becket University au Royaume-Uni ou l’Université d’Avignon [La Boxtrotter]

Rappelons que le travail d’organismes et réseaux comme ATD, est de promouvoir ce type de structures et outils : il suffit d’en avoir connaissance pour saisir les opportunités !

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