ECONOMIE CIRCULAIRE : COMMENT L'ADAPTER A L'INDUSTRIE DU TOURISME?

lundi 19 septembre 2016
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ECONOMIE CIRCULAIRE : COMMENT L'ADAPTER A L'INDUSTRIE DU TOU...
Meet-Up Tourisme Durable & Economie Circulaire

Tous les 2 mois, Guillaume Cromer, directeur gérant du cabinet d’ingénierie en marketing du tourisme ID-Tourism et président d'ATD, anime un Meet-Up au Welcome City Lab sur le thème : Tourisme Durable, Entreprenariat et innovation.

Jeudi 16 septembre, Guillaume Cromer était accompagné de Chloé Bonichon, Community Developper au sein de l’association Circul’R  afin d’échanger sur le sujet de l’économie circulaire adaptée au tourisme durable.

L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE EN BREF,

L’économie peut fonctionner en boucle, chaque déchet est une matière première potentielle via le tri et la valorisation de ce dernier. Ce concept est à contre-courant de la société de consommation à "usage unique".

Elle peut s’appliquer dans tous les secteurs d’activités : la production de biens, l’immobilier, l’agriculture ou encore le textile. Ainsi, consciente que dix mille litres d’eau sont nécessaires à la production d’un jean, l’entreprise  MudJean a décidé de créer des  jeans recyclables.

Des innovations concernant l’économie circulaire se développent chaque jour, Emmanuel Druon, gérant de l’entreprise Pocheco, en à fait son cheval de bataille et explique dans son livre "Ecolonomie" les différentes initiatives écologiques et économiques qu’il a su mettre en place et valoriser au sein de son entreprise. La plateforme  economiecirculaire.org  recensent différentes bonnes pratiques et participent au partage d’informations sur le sujet.

 

L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE, UN LEVIER DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DANS LE TOURISME?

Le tourisme est la première industrie de la planète, il est donc primordial que les professionnels du secteur prennent le virage de l’économie circulaire.  C’est pourquoi, Raphaël et Jules, fondateur de l’association  Circul’R, ont réalisé un tour du monde de 17 mois dans le but de découvrir et de nous faire partager les solutions misent en place à l’étranger. Pari réussi ! Ils ont identifié une centaine d’initiatives qui s'adaptent à tous les acteurs.

L’HÉBERGEMENT

Dans le secteur de l’hébergement, les perspectives d’économie circulaire sont multiples et s’envisagent dès le lancement du projet immobilier. En effet, 70% des déchets actuels sont des gravas. Ensuite,  la permaculture, le compostage, le recyclage de la chaleur des cuisines et des énergies  permettent d’avoir un impact positif sur l’environnement et de réduire considérablement ses coûts. Contrairement aux idées reçues et selon une étude réalisée par  AccorHotels, 90% de la consommation d’eau d’un hôtel provient de la restauration et non des douches ce qui prouve que les voyageurs ne sont pas les seuls en cause.

DES EXEMPLES CONCRETS

Chloé a rencontré des acteurs engagés qui, au-delà de  leurs bonnes pratiques, sensibilisent à l’économie circulaire. Au Pérou, par exemple, un Lodge éco-construit, équipé de  panneaux solaires  et pratiquant la  permaculture  a lancé auprès de ses employés, une action de sensibilisation  à la  gestion des déchets, ils échangent les bouteilles usées contre un chèque cadeau pour gâter leurs enfants à Noël. A Bali, le verre est  recyclé  et est  transformé  par un souffleur de verre, en œuvre d’art et souvenirs pour les touristes.

De nombreux acteurs contribuent à cette évolution. C’est le cas d’Ecoweek, une association qui sensibilise au tourisme durable et soutient différents projets d’architecture responsable  réalisés avec des matériaux recyclés. Parmi les gros, Club Méditerranée a signé un partenariat avec  AgriSud, une association qui favorise l’agriculture et l’insertion sociale et professionnelle   par la création de TPE agricoles familiales afin de structurer l’offre des petits producteurs locaux, participer à leur sortie de la précarité et soutenir l’économie locale.

LE TOUR OPERATING 

Que peut-on recycler dans la production de voyages ?

Plus complexe à envisager dans les métiers de la production, nous avons tenté d’intégrer l’économie circulaire sous deux axes : la gestion interne et l’éco-conception du produit.

En ce qui concerne la gestion interne, l’entreprise doit repenser son modèle économique, il est de la responsabilité de chacun de réduire ses déchets et de les trier. Les brochures, par exemple, représentent une grosse quantité de papier et sont renouvelées à chaque saison. Au quotidien, ces pratiques sont une réelle source d’économie et  Greenflex, cabinet de consultants en développement durable propose des solutions alternatives et se rémunère sur les gains qu’il fait réaliser à ses clients.

Concernant la création, il est difficile d’intégrer les principes de l’économie circulaire. Les voyagistes peuvent tout de même, faire le choix de travailler avec des partenaires et prestataires qui partagent leurs valeurs.

L’éco-conception  du produit quant à elle, s’inscrit dans une démarche de tourisme durable où le recours aux transports aériens sur les cours séjours doit être réduit. Aussi, le trajet d’un circuit peut avoir un impact plus ou moins responsable. Il est donc préférable de favoriser le  "Slow Tourisme" qui consiste à prendre le temps de découvrir une destination, d’apprécier les paysages, en privilégiant notamment des destinations proches et des moyens de transports moins polluants. Aujourd’hui, des acteurs du tour-operating sensibles au développement durable sont présents à travers différents projets. L'association Insolites Bâtisseurs  créée par plusieurs tour-opérateurs : Voyageurs du Monde, Comptoir des voyages, Terre d’Aventures et Nomade Aventure lutte en faveur de la  réduction des inégalités Nord / Sud  en soutenant des programmes humanitaires.  L’ATES (Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire) est un réseau d’acteurs engagés dans des projets de  développement des populations locales.

LES CROISIÉRISTES

Les croisiéristes font face à de nombreuses problématiques : gestion des déchets, approvisionnement, gaspillage, pollution en mer, etc. auxquelles  ils semblent peu sensibles. Pourtant, des solutions d’autonomie en mer existent,  Tamata Océan, un acteur breton, a réussi le challenge  "6 Jours, 5 Escales, 4 Personnes et 0 Déchet". Comment ? En modifiant ses habitudes de consommation et en combinant plusieurs bonnes pratiques.

L’eau et l’énergie

L’eau de mer devient potable grâce à la chaleur solaire qui évapore et condense l’eau. Quant à l’énergie, des panneaux solaires et des hydro-générateurs sont installés sur le bateau.

La nourriture

Transformer le marc de café en champignon, faire germer des graines, conserver les aliments avec les méthodes employées dans le désert, cultiver des aliments qui demandent peu d’espace… le tous cuisinés de façon responsable voilà comment répondre à un de leurs objectif.

Le savoir

En ce qui concerne la santé, les plantes, les « remèdes de grands-mères » la médecine chinoise sont des solutions alternatives à l’usage de médicaments. Quand à l’itinéraire du voyage, l’astro-navigation consiste à utiliser les étoiles pour mesurer, comprendre, calculer et permet donc au bateau de suivre son cap.

meet up éco circulaire

Peut-on adapter ces solutions à un paquebot tel que le Harmony of the Sea ? La superficie du bateau permet de multiplier les infrastructures nécessaires : panneaux solaires, hydro-générateurs, plantations, etc. Une autosuffisance alimentaire semble compliquée compte tenu de leur capacité d’accueil. Cependant, un modèle hybride pourrait être envisagé.

LES DESTINATIONS ET COLLECTIVITÉS

Comment une destination peut-elle s’engager ?

Différentes opérations peuvent être menées afin de protéger une destination en intégrant les principes de l’économie circulaire : un système de traitement des eaux usées, des mesures de réduction, de tri et de recyclage des déchets, l’utilisation d’énergies renouvelables. La Slovénie a accueilli le 27 septembre la "Global Green Destinations DAY", un évènement qui a pour but de faciliter le partage d’expériences et de solutions de tourisme durable suite auquel une liste d’une centaine de destinations vertes a été établie.

Des exemples concrets

L’île de Gozo, a mis en place différentes actions sur la destination tout en  éduquant des citoyens  au tourisme durable autour d’une stratégie intitulée “Eco-Gozo island 2020”. Une grande ville, San Francisco lance la politique "Zero Waste" et recycle 80% de ses déchets. Chaque individu, particulier ou professionnel, possède trois poubelles pour le compost, le recyclage et le reste des déchets. La loi exige la mobilisation de tous et des sanctions via des amendes et récompenses incitent les citoyens à s’engager. En effet, ils paient des taxes pour le ramassage et plus le poids des déchets recyclables est important moins la note est élevée. La ville a ainsi économisé 3 millions de dollars et l’hôtel Hilton 145 000€ en un an.

 

Le constat est unanime, chacun doit apporter sa pierre à l’édifice et intégrer les enjeux de l’économie circulaire. Les professionnels du tourisme en repensant leur offre et leur modèle économique et le voyageur via le choix de son séjour ou la participation sur le modèle du woofing par exemple. A l’image du film "Demain" réalisé par  Cyril Dion  et  Mélanie Laurent,  Il est primordial de valoriser  les initiatives existantes et de s’en inspirer.  

Les pouvoirs publics ont également leur rôle à jouer. Aujourd'hui, La France n’élabore pas de stratégie de tourisme durable globale. Instaurer des lois ou intégrer des critères spécifiques au tourisme durable dans la certification Atout France semblent être les solutions afin que le secteur du tourisme évolue considérablement.

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