TwitterChat #TDTC "Tourisme Durable et Vivre Ensemble"

vendredi 31 mars 2017
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TwitterChat #TDTC "Tourisme Durable et Vivre Ensemble"
Comment le Tourisme Durable peut-il contribuer au Vivre Ensemble ?

Un mardi sur deux, ATD organise un chat’thématique sur Twitter avec un invité principal convié pour l’occasion. Le 28 mars dernier, accompagné de Stefan Buljat de l’Agence Bastina Voyages, nous avions choisi d’aborder le thème du « Vivre Ensemble ». Ou comment le Tourisme Durable peut-il y contribuer ?

 
Touristes VS population locale : des exemples de conflits économiques, sociaux ou environnementaux à partager ?

 Il existe beaucoup de conflits qui peuvent survenir entre touristes et population locale car il est souvent difficile de concilier les activités organisées dans ce cadre, sans nuire aux autres activités humaines du pays [Globe Blogueurs]. On peut citer les éleveurs de rennes Sami qui sont gênées par les circuits touristiques en Quad ou motoneiges, de même les trails organisés dans les territoires d’élevage [Terre des Sames]. Beaucoup de touristes ne respectent pas les coutumes et les codes sociaux des pays qu’ils visitent [Delphine Montoya-Gim], et certains rites traditionnels sacrés deviennent des spectacles touristiques au détriment de la dignité des locaux [Globe Blogueurs]. Dans la catégorie du non-respect, certains utilisent la négociation à outrance pour l’achat de leurs souvenirs, ou bien participent à des circuits de visite de villages où les habitants sont considérés comme des attractions, et les prennent souvent en photos sans leurs permissions [Cedric T.]. La liste des conflits économiques est également longue, comme la flambée des prix des loyers pour les locaux due à une forte affluence touristique qui se solde par un accès impossible aux logements pour ces derniers [Sara Duong]. Les activités touristiques sont parfois « trustées » par des expatriés, au détriment des initiatives locale [Globe Blogueurs]. Il existe parfois un tel écart entre les revenus des locaux et ceux des touristes, que ces derniers peuvent en arriver à se considérer comme tout permis [Delphine Montoya-Gim]. L’environnement n’est pas en reste, quand les touristes, souvent par ignorance, utilisent de manière abusive des ressources parfois rares comme l’eau dans certaines régions du globe [Sara Duong], ou se retrouvent complices du bétonnage des côtes, et pas besoin d’aller loin pour le constater [Delphine Montoya-Gim].

 

En quoi le tourisme dans son approche durable, est-il une solution à ces conflits ?

Le tourisme durable est une solution dans le sens où il fait passer les valeurs de respect de l'homme et de l'environnement avant toute autre [Coopérative AJA]. C’est une approche qui permet aussi une meilleure régulation, une meilleure connaissance des us et coutumes du pays, et contribue aux échanges, et à la compréhension des cultures [Terre des Sames]. Le projet Migrantour de Bastina Voyages, tente d’atténuer les conflits qui peuvent naître du tourisme, en propulsant les locaux en acteurs principaux de cette activité dans les quartiers qu’ils habitent. C’est une forme de tourisme qui permet de rompre avec les habitudes, d’empruntez de nouveaux sentiers, de découvrir et de connaître de nouvelles personnes, et enfin de lever la méfiance, source d’incompréhension et de conflits potentiels [Bastina Voyages]. Dans le tourisme durable, l'humain est un des piliers fondamentaux, et parfois oublié dans les démarches purement écologiques [Globe Blogueurs]. Cette approche du tourisme intègre dès le départ le respect des populations locales, ainsi que celui de l’environnement, elle responsabilise et sensibilise les touristes, et ce de manière transversale, de la construction à la conception des produits proposés, en passant par le choix des fournisseurs [Sara Duong]. D’ailleurs, il existe une charte éthique du voyageur qui contribue à ce respect, et que l’on peut consulter sur le site d’ATR. Si le tourisme durable arrive à baliser, encadrer et provoquer une réflexion comportementale, ce sera déjà une belle avancée [Cedric T.].

 

Concrètement, quelles initiatives touristiques peuvent contribuer au Vivre Ensemble ?

Toute expérience qui provoque des interactions positives contribuent au Vivre Ensemble [Cedric T.]. Il faut arriver à en créer le plus possible pour faire participer touristes et habitants à des activités communes, comme par exemple des jeux de pistes solidaires, afin de voir la ville autrement et créer du lien social. L’aspect ludique permet rapidement de créer des connexions entre les participants [PariSolidari-Thé]. Le tourisme participatif est lui aussi un moyen, car il encourage les touristes à s’immerger dans la vie locale, et à aller à la rencontre des populations [Coopérative AJA].
Un autre axe est de développer les visites de quartiers faites par les habitants pour acquérir un autre regard, quand les locaux deviennent eux-mêmes narrateurs de leur vie, de leur pays, cela prend un tout autre sens, on peut citer les « Greeters de Paris » qui organisent des visites guidées des quartiers par leurs habitants [Sara Duong] [Globe Blogueurs] [Olivier Ranson]. Pour Bastina, le voyage c’est partager un bout de conversation loin de chez soi, mais ça peut-être aussi au coin de sa rue. Il faut aussi se déconnecter du quotidien et des smartphones, ce qui permet de vivre plus intensément le présent et la relation au local [Ecotourism Vélo].
Si les touristes doivent respecter les populations locales, ils peuvent aussi être confrontés à un accueil réfractaire des locaux eux-mêmes [Sara Duong]. Si on essaye de comprendre d’où vient cette représentation négative, le dialogue peut s’amorcer, et la rencontre reste possible [Globe Blogueurs], une meilleure implication des populations visitées, leur permettrait de se sentir plus concernés, en repensant par exemple, les lieux d’attractions touristiques en lieux de vie [PariSolidari-Thé]. Il n’est pas sûr que tout cela suffise, mais le tourisme peut favoriser l’empathie, et sensibiliser sur les enjeux mondiaux [Globe Blogueurs].

 

Accueil des migrants : quel rôle pour les acteurs du tourisme ?

Pour Bastina, les circuits mettant en avant les migrants favorisent le lien social, les rencontres interculturelles, et l’insertion économique, qui sont les trois couleurs primaires du tourisme durable. Ils permettent à des migrants et à des étudiants de se rencontrer et de travailler ensemble sur des parcours urbains à vocations touristiques. Les migrants pris comme guides sont comme des « passeurs de culture », de leur culture, afin de transporter les visiteurs d’un monde, ou d’un imaginaire à un autre [Bastina Voyages].  Pour participer à ces circuits, le respect des cultures des nouveaux arrivants est essentiel, c’est aussi aux acteurs du tourisme de montrer le bon exemple [Terre des Sames]. Il faut inciter les entreprises à afficher leur engagement, et à en apporter la preuve par un label par exemple, mais aussi croiser les regards entre professionnels pour échanger les bonnes pratiques, et dépasser les mauvaise [ATR]. L’intégration des migrants n’est pas forcément le rôle des acteurs du tourisme, mais ils peuvent contribuer à leur accueil, simplement en s’intéressant à eux, à ce qu’ils apportent à la diversité du tourisme. [Cedric T.]. Il faut réfléchir à les intégrer à travers des emplois de guides plus nombreux, afin qu’ils puissent partager leurs cultures, et par là même s’intégrer plus facilement, et plus vite, au tissu social du pays d’accueil [Terre des Sames].  Des initiatives existent, comme le Migrantour déjà cité et ses « passeurs de culture ». Mais aussi l’initiative de VVF Village qui avait accueilli 49 migrants venant de Calais dans un de ses villages du Pays Basque, transformé pour l’occasion en centre de répit [Sara Duong].

 

« Le Tourisme, passeport pour la paix », qu’en pensez-vous ?

Notre époque connaît des freins dans la libre circulation des hommes, il n’y a qu’à regarder l’actualité tous les jours pour s’en convaincre. Il a un rôle à jouer dans la défense des libertés individuelles, et dans la liberté de s’ouvrir au monde, et aux autres [Olivier Ranson]. Le tourisme durable peut-être un des axes contribuant à la paix. Il éveille à l’autre, à la tolérance vers d’autres cultures, et peut-être un rempart à l’ignorance [Terre des Sames]. Le secteur du tourisme est ambassadeur de la paix depuis longtemps. 1967, était la 1ère année internationale du tourisme passeport pour la paix [ATR]. Et cinquante ans après, 2017 devient l’Année Internationale du Tourisme Durable pour le développement. En cette occasion beaucoup d’initiatives s’organisent partout sur la planète [Delphine Montoya-Gim]. On peut citer Taleb Rifaï, secrétaire général de l’OMT : « Le tourisme peut transformer le monde et favoriser l’entente en cette époque marquée par un déficit de tolérance, il est un phare dans l’obscurité ».

 

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