LE TOURISME DURABLE, SOLUTION FACE AUX CONFLITS ANTI-TOURISTES ?

mardi 19 septembre 2017 Actus du réseau Communication - Sensibilisation
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LE TOURISME DURABLE, SOLUTION FACE AUX CONFLITS ANTI-TOURIST ...
TWITTER CHAT #TDTC « TOURISME DURABLE & MOUVEMENTS ANTI-TOURISTES »

Le « Twitter Chat » entièrement dédié au Tourisme Durable (#TDTC) a repris Mardi 12 septembre dernier après la courte pause des vacances d’été.

Avec notre invité spécial Guillaume Cromer, Directeur du cabinet de conseil en marketing, innovation et tourisme durable - ID-Tourism, nous nous sommes intéressés à un sujet qui fait le buzz ! Face à la croissance toujours plus forte du tourisme dans les destinations « phares », les habitants expriment leur ras-le-bol et se révoltent.

A travers cinq questions, nous sommes revenus sur cette actualité avec nos participants pour comprendre et trouver des solutions. 

Q1 : Les conflits anti touristes, vous en pensez quoi ? Comprenez-vous la colère de certains habitants ?

Une réponse quasi unanime : ces conflits sont logiques ! ‪[@ID_Tourisme][@Widetrip][@voyagir][@Voyage_Way] Des manifestations contre l’expansion du tourisme en masse, on s’y attendait. Nous sommes tous habitant d’une destination (et touriste des autres), nous pouvons donc très facilement nous mettre à la place de ces révoltés. 
Bien qu’ayant des impacts positifs à ne pas négliger, l’industrie du tourisme crée aussi des déséquilibres économiques, sociaux et environnementaux importants. ‪[@voyagir]

En même temps que le tourisme se développe, le quotidien des habitants se voit perturbé : comme le coût de la vie sur place qui augmente (prix des loyers, des infrastructures, …) ou des sites sur-fréquentés. AirBnB est souvent montré du doigt. Si au début le principe était la création de compléments de revenu, l’utilisation d’espaces non utilisés ou l’occasion de se rencontrer, aujourd’hui on lui reproche un mauvais contrôle des locations, l’augmentation du prix des loyers et donc une déstabilisation des écosystèmes locaux. [@FairBooking] ‪ [@Voyage_Way]

Les contrastes entre locaux et touristes créent des conflits d’intérêts, un fossé se creuse entre des habitants appauvris par la crise et des touristes toujours plus nombreux. ‪[@ID_Tourisme]  ‪[@loicayy] De quoi révolter ces premiers qui se sentent alors ignorés au profit des voyageurs, pas assez écoutés ou impliqués dans les décisions. ‪[@Widetrip] Face à ce constat, ils ne trouvent plus d’autres solutions que de manifester leur mécontentement.

Mais alors, une diabolisation envers les touristes est-elle vraiment nécessaire ? Pas complètement. Le fait est que chaque touriste a sa part de responsabilité. Chacun doit avoir conscience de ses actes et des conséquences. [@Voyage_Way] Mais en réalité, le touriste a rarement une volonté de nuire et ne doit pas être vu comme seul responsable du développement du tourisme de « masse ». ‪[@Malicyel] Bien qu’il soit à la recherche de découverte et de dépaysement, il a aussi le besoin d’être guidé, rassuré et de se sentir en sécurité. La communication l’influence grandement dans ses choix.

On remarque qu’ils sont souvent concentrés dans les mêmes villes, quartiers. N’y a t-il pas là une problématique de gestion de flux, de régulation (avec Airbnb par exemple) de diversification, de communication, de dialogue et de pédagogie derrière tout ça ? ‪[@Voyage_Way] ‪[@Malicyel]

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Q2 : Quel(s) problème(s) soulèvent ces mouvements anti-touristes ?

Dans un monde qui repose aujourd’hui principalement sur un pilier économique, le développement financier est très souvent le premier objectif visé au détriment des autres aspects environnementaux, sociaux et solidaires.

De plus, avec le temps nos habitudes de consommation ont changé. Avec un accès aux vacances plus largement ouvert (bien que toujours inégalement) grâce à des prix plus accessibles, la consommation de masse, et ses impacts, se sont bien installés dans nos quotidiens. L’industrie du tourisme n’échappe pas à cela !

Avec des touristes trop consommateurs des mêmes produits et des mêmes espaces (villes, quartiers, sites), le tourisme de masse se développe. ‪[@ID_Tourisme][@Widetrip][@voyagir] C’est l’avenir des destinations qui est en jeu. Il faut donc trouver un juste milieu entre développement de l’industrie et préservation des destinations.

Mais ce n’est pas le « seul » problème que relèvent ces conflits. Si l’on creuse un peu plus, on remarque que presque tous les efforts sont portés sur la promotion des territoires. Mais une fois l’objectif atteint qu’en est-il de la gestion des arrivées ? Il y a un vrai manque de planification, d’anticipation des impacts de la part des pouvoirs publics. ‪[@ID_Tourisme][@ChusPangea] ‪[@Voyage_Way] Comme le montre l’exemple de l’impact local à Reykjavik dû à l’explosion touristique. ‪[@FromYukon]

Ces mouvements sont la preuve que les politiques touristiques sont à reconstruire, ou plutôt à co-construire. Les pouvoirs publics ont un rôle important (comme la régulation de l’activité touristique et le cas AirBnB), mais ils ne doivent pas mener les stratégies seuls. Il est désormais évident que toutes les parties prenantes ont leur mot à dire. ‪[@ID_Tourisme][@Widetrip]

 

Q3 : Selon vous, comment les destinations et professionnels du secteur doivent-ils réagir ? 

Des solutions il en existe, à partir du moment où elles sont entendues et établies en cohésion. C’est ce que l’on remarque à travers ce twitter chat, en à peine une heure !

Consommer plus n’est plus une solution. N’y a t-il pas saturation au bout d’un moment ? [@FairBooking] ‪Ce qui est certain c’est qu’au final cela crée un déséquilibre.

Alors, quelle première recommandation ? De la concertation. Il est important d’impliquer d’avantage les parties prenantes, dont les habitants font partie. On ne peut pas parler de destination sans les mentionner. Ils font partie intégrante du lieu, de son énergie, de sa culture. La (co-)construction des solutions, c’est se réunir et travailler ensemble. ‪[@Widetrip][@FairBooking] ‪Mais pas seulement. C’est aussi anticiper par le biais d’analyses, grâce à des études, des tableaux de bords. ‪[@ID_Tourisme]

Une autre solution est la diversification. C’est à dire, varier l’offre et la promotion des destinations, parce que du choix il y en a ! [@Voyage_Way] Donc offrir une équité et juste répartition des flux et des ressources. Ce à quoi répond toute stratégie de développement durable de l’activité, ce qui est proposé par un nombre de plus en plus grand d’acteurs du secteur. ‪[@voyagir] Comme la création de produits plus durables : randonnées, vélo, balades à cheval, écotourisme ... [@ChusPangea] ou le développement du « hors saison » pour un tourisme réparti sur toute l’année et donc moins concentré sur une seule saison. ‪[@loicayy] Cela évite notamment la pression économique subite par les professionnels saisonniers. [@voyagir] Le but étant de réduire les impacts négatifs par la création de nouvelles opportunités. 

 

Q4 : Quelle responsabilité pour les touristes ? Doit-on arrêter de voyager ? 

Avec 1,2 milliards de visiteurs en 2016, le tourisme n’est pas prêt de s’arrêter. Alors arrêter de voyager ? Non, ce serait extrême, mais des alternatives existent pour voyager de façon différente. ‪‪[@voyagir]

En prenant conscience de l’impact de nos voyages, on réalise en même temps qu’il existe un grand nombre d’options. Il suffirait de changer nos habitudes et de voyager dans des lieux différents, en hors saison, de façon responsable … [@Voyage_Way] En plus de limiter les effets négatifs de nos déplacements, ces voyages permettent un réel dépaysement, mais surtout de se re-créer et de profiter d’espaces beaucoup moins surpeuplés. ‪‪[@voyagir]

On entend parler aujourd’hui de « slow tourisme » et de « tourisme de proximité ». Deux exemples pour un retour à l’essentiel et à des voyages plus authentiques. Ils mettent en évidence qu’il est possible de voyager autrement de façon plus lente (partir deux semaines au lieu d’une par exemple) et responsable en limitant ses déplacements et donc sa consommation carbone.[@ChusPangea]

En amont, puis sur le terrain, cela passe par la sensibilisation des touristes et des professionnels aux bonnes pratiques. ‪‪‪[@voyagir][@DoubleSensParis] C’est notamment un des grands rôles des destinations. Elles ont pour mission de valoriser mais aussi de protéger leur patrimoine local. Il existe bien des stratégies. L’Islande a par exemple choisit l’humour, une initiative innovante de sensibilisation. ‪‪[@ID_Tourisme]‪[@Malicyel]

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Q5 : Une stratégie touristique durable est-elle LA solution ? Pourquoi ? 

Le tourisme durable reposant sur un équilibre économique, social et environnemental, il répond aux besoins d’une stratégie s’inscrivant sur du long terme et exprimée tout le long de ce twitter chat. L’objectif étant de mettre en place des actions durables, équitables et responsables, qui répondent dans un même temps aux attentes exprimées à travers les mouvements lancés par les locaux. ‪[@voyagir][@Sowwww]

Pour résumer, la durabilité d’une destination repose sur de l’anticipation, l’implication de toutes les parties prenantes pour trouver un juste équilibre, une régulation de l’activité et une grande dose de sensibilisation ! ‪[@FairBooking][@ID_Tourisme][@Sowwww] Tout cela dans la convivialité et le partage d’une même passion des voyages.

C’est aussi ce que met en avant cette année, déclarée année internationale du tourisme durable en faveur du développement par l’ONU. L’importance d’une stratégie de développement durable appliquée à notre industrie et par tous. Ce dernier point qui en laisse dubitatifs certains. En cette fin d’été et donc à plus de la moitié de l’année quel en est le bilan ? Quel a été le rôle du conseil interministériel jusque là ? ‪[@FairBooking] Mais c’est un autre débat, et peut-être le sujet d’un autre twitter chat !

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ID TALKS - EPISODE 13 - Fronde anti-tourisme : Comment se prémunir des prochains conflits?

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