RSE : des initiatives inspirantes pour mobiliser vos collaborateurs !

mardi 19 décembre 2017
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RSE : des initiatives inspirantes pour mobiliser vos collabo...
TedX d'ouverture des Universités du Tourisme Durable

La RSE est devenu un sujet incontournable de nos sociétés. Identifiée par les entreprises comme un levier de performance vis à vis des clients (image), des salariés (bien-être au travail), de la réglementation (anticipation)...les initiatives sont nombreuses et variées. Mais pour réussir la mise en oeuvre d'une telle démarche, un point commun : la mobilisation de l'ensemble des parties prenantes. 

ANIMÉ PAR GUILLAUME CROMER, DIRECTEUR DU CABINET ID-TOURISM

Avec les interventions de :

  • Delphine JOANNET, Responsable RSE chez VVF Villages
  • Audrey GAUNOT, Chargée de marketing et communication chez Chamina Voyages
  • Grégory DISSOUBRAY, Responsable service commercial professionnels chez Enercoop

Le siège, un village comme les autres chez VVF Villages

VVF Villages est une association qui gère et commercialise plus de 80 villages de vacances partout en France. Je vais vous raconter une histoire, celle d’un projet qui s’appelle « Le siège, un village comme les autres », je mets des guillemets, vous allez comprendre pourquoi. Tout commence en 2014, par une stratégie d’entreprise, pour laquelle je suis missionnée pour déployer les valeurs de notre association auprès des vacanciers et des salariés. J’ai donc constitué un groupe projet et partagé avec eux les trois valeurs qui avaient été déterminées par la direction générale. Il y a eu un phénomène intéressant, quasi philosophique puisque les salariés m’ont répondu « Mais d’où viennent ces valeurs ? Elles ne nous parlent pas. On aurait aimé être concerté pour les choisir, et d’ailleurs, c’est quoi la valeur d’une valeur ? ». On en a déduit que nos valeurs, on n’a pas envie de l’écrire sur une charte ; ce que l’on souhaite, c’est que nos vacanciers, nos salariés, nos fournisseurs, en fassent l’expérience, qu’ils soient amenés à les vivre sans qu’on ait à les écrire. C’est sur la base de cette réflexion que nous nous sommes lancés à VVF Villages, dans une démarche de Responsabilité Sociétale des Entreprises.

La méthodologie était très claire, j’ai réalisé un diagnostic qui a fait ressortir deux constats.

  • L’une de nos missions d’utilité sociale est de contribuer au développement économique et à l’aménagement des territoires. Le siège demande systématiquement aux villages de s’ancrer localement, c’est-à-dire créer des partenariats, faire connaissance avec des acteurs locaux, d’avoir un impact économique sur le territoire… mais 1er constat, le siège ne le fait pas ! C’est une vraie question puisque dans une démarche RSE il y a une certaine exemplarité à donner. On va donc profiter du déménagement de notre siège, jusqu’alors situé en centre-ville, au Nord de Clermont Ferrand, dans une zone dite sensible ou prioritaire pour partir sur de nouvelles bases.

  • Le deuxième constat ce sont les villages qui disent que le siège est un peu trop éloigné du terrain. En y réfléchissant on se dit, le cœur de métier des villages c’est l’animation. On s’est dit donc pourquoi ne pas mettre en place des animations lors des pauses déjeuners par exemple, pour recréer cette ambiance village.

C’est sur ces deux constats qu’on a lancé le projet « le siège un village comme les autres ». Comme dans une recette de cuisine, il y a des ingrédients incontournables :

  1. Motiver les 5 salariés qui ont répondu positivement pour participer à un groupe d’actions.

  2. Le quartier, donc un espace avec des particularités, des aménagements, une mixité sociale plus ou moins ancrée et puis des acteurs locaux sur le territoire.

  3. Toutes les personnes qui nous suivent sur les réseaux sociaux que ce soit FB, Twitter, Instagram… et à l’époque où on lance le projet on a 55 000 personnes qui nous suivent.

Une fois que nous avons ces trois ingrédients, le groupe projet met en place un programme d’animations présenté comme sur les villages de vacances auquel il va falloir donner du contenu. Avec un budget de 0€, on se devait d’être sacrément créatif et innovant et c’est comme ça que nous est venu l’idée de débusquer des « talents cachés » parmi les salariés.

Donc au départ, c’est un peu une enquête individuelle qu’on auprès des services pour identifier les talents que l’on pourrait mettre en avant. Deuxièmement, pour faire vivre le quartier, il fallait qu’on aille à sa découverte, que ce soit sur le terrain multisport ou l’aire de pique-nique… En combinant les deux, on a réussi à mettre en place un programme d’animations très variées, durant la pause déjeuner ou avant de commencer la journée. Tout commence en juillet 2014 avec une quinzaine d’animation répartis entre juillet et août pour découvrir de sacrés talents : par exemple Valentin, en alternance à la communication, nous a fait une initiation au Hip Hop. Tout s’est amplifié en novembre, durant le mois de l’Économie Sociale et Solidaire, dans lequel on s’est intégré toute une semaine. On a notamment reçu le le dernier cinéma d’arts et d’essais situé dans le Nord de Clermont avec qui on s’est trouvé de nombreux points communs :  animation du territoire, accueil du public enfant, programmation très ouverte, curieuse, beaucoup de mixité sociale… On a également été à la rencontre d’une salle de boxe dans le quartier qui nous a offert une initiation. Enfin, la maison de quartier nous a organisé une visite guidée pour connaître les évolutions mais aussi les projets à venir avec notamment un potager, possiblement partagée entre les habitants mais aussi les salariés.

J’ai aussi une anecdote à vous raconter autour du film Demain car acculturer les personnes, l’air de rien, à la RSE, n’est pas toujours facile. Donc l’année dernière ce film a été césarisé et on a organisé une projection pour une douzaine de personnes dont une salariée, très réticente. On diffusait le film par chapitre et à la fin de chaque chapitre, il y avait un débat durant lequel la salariée en question exprimait un sentiment d’impuissance « qu’est ce qu’on y peut ? », répétait-elle. Lors du dernier chapitre sur l’éducation, elle a répondu je suis trop émue pour parler et est finalement devenue la meilleure ambassadrice du film. C’est le genre de petits succès qu’on peut connaître. On a été aussi à une école maternelle, divisée en deux sections, classique et une section consacrée aux enfants autistes. On leur a demandé leurs besoins et on a organisé une collecte de livre mais aussi un goûter avec notre mascotte.

L’intérêt de tout ça, c’est se faire connaître auprès des acteurs locaux, le partager sur les réseaux sociaux. Cet été on est monté d’un cran en nombre d’animations mais aussi en diversité. On a dupliqué ce qui se fait sur nos villages de vacances, « les petites fabriques » permettent de transmettre aux vacanciers de compétences comme le sport, la fabrique de produits cosmétiques… L’objectif n’est pas de faire des animations pour faire des animations, c’est acculturer petit à petit, faire passer des messages tout en prenant du bon temps, faire en sorte que les salariés puissent se rencontrer dans un autre contexte, se faire connaitre auprès des acteurs locaux, humaniser les salariés auprès des vacanciers. On a encore des progrès à faire comme aller chercher plus de garçons pour participer, ou la direction mais c’est globalement très satisfaisant. Et pour conclure cette histoire, c’est une très grande fierté pour moi en tant que responsable RSE, parce que le groupe projet a obtenu le prix collaboratif de l’école des Mines en mai 2017, face à des ingénieurs, des grandes entreprises. On a remporté le prix car ça reposait sur une très grande simplicité et du bon sens.

 

Une Rando Zéro déchet avec Chamina Voyages

Chamina Voyages est une agence de voyage spécialisée sur les séjours à pied ou à vélo en France et en Europe. Quand j’étais petite, avec ma mère, on traversait l’Espagne en camping-car pour aller sur la plage, la Costa del sol. C’était une épopée familiale magique, j’en ai des souvenirs très émus de nos après-midis entre jeux de baignade et plage. Lors du goûter, la plage était tellement sale que ma mère nous disait d’ensevelir les emballages sous le sable. Aujourd’hui ça nous parait inimaginable mais à l’époque c’était courant. On se dit que les pratiques changent mais en Inde, la pollution plastique est catastrophique, en Bolivie, on enterre les déchets des touristes sous les maisons. Encore aujourd’hui, en tant qu’ agence de voyage, on reçoit des commentaires de nos clients qui observent des déchets sur le bord des chemins de Compostelle, du GR20… Je ne sais pas si vous connaissez la maxime « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants » ? Il y a d’ailleurs un débat sur l’origine : proverbe amérindien, proverbe africain ou Antoine de Saint Exupéry. Je pense que cette maxime peut être attribué au tourisme, notre job c’est d’emmener les gens observer les beautés du monde. Mais il est de notre devoir, de notre responsabilité, de protéger ces sites puisque c’est sur ça que repose notre business. Donc 2017, Année internationale du tourisme durable, à Chamina voyages on a eu envie de faire des choses car le tourisme responsable c’est un peu dans nos gènes.

Notre engagement historique est d’organiser des séjours de gare en gare mais on travaille aussi sur la réduction du papier, qui est un pôle de gaspillage important dans les agences de voyage, et sa provenance.  Au départ, nous avons voulu écarter le problème des déchets car les poubelles, ça ne fait pas rêver…Nous avons réuni la production, la communication, la direction pour regarder ce qui se faisait dans le tour operating : soutien de l’agroécologie au Péru, la scolarisation au Maroc, maintien des mangroves au Sénégal. De super projets mais dans lesquels on ne se retrouvait pas forcément.  Finalement nous sommes revenus sur la question des déchets, légitime car les clients nous avaient fait des retours, et on a créé l’opération « Rando zéro déchet » qui comprenait trois volets :

  • Sensibilisation et formation du personnel

  • Sensibilisation des clients et grand public sur internet

  • Volet terrain avec nos accompagnateurs qui partaient avec des sacs biodégradables et invitaient les clients à ramasser

On a mis en place ces opérations avec un peu d’appréhension car on ne voulait pas passer pour des moralisateurs. On a donc choisi de prendre un ton plutôt léger, avec des petits conseils et astuces à mettre en place partout : partir en pique-nique avec des objets réutilisables, consommer local et de saison… On a mis une communication dans les 1500 carnets de route de la saison, un mailing envoyé à 20 000 personnes, sur les réseaux sociaux on a touché environ 15 000 personnes pour 300 interactions. Sur le terrain, on a ramassé 3 sacs poubelles pleins qui ne sont plus dans la nature. Globalement on est plutôt satisfait car si on a réussi à convaincre un client de réduire ses déchets, finalement, nous avons pris notre responsabilité sociétale d’entreprises, on a été au bout de nos valeurs, on croit que les ruisseaux font les grandes rivières. Donc oser, oser aller au bout de vos convictions, oser impliquer vos clients car s’ils sont vos clients c’est qu’ils partagent vos valeurs. On voit que le tourisme responsable a de plus en plus d’écho, auprès du grand public, des médias. Les acteurs du tourisme durable peuvent mettre en œuvre le tourisme de demain, le tourisme de la sobriété heureuse de Pierre Rabhi, le tourisme de l’altruisme de Mathieu Ricard, on a plus qu’à être à la hauteur.

 

Enercoop ou la concrétisation d'une utopie 

Je suis arrivé il y a 10 ans, dès le début de l’aventure. J’ai bien vu grandir le bébé puisqu’ on était 8 salariés, aujourd’hui on est 150 dans 10 coopératives. Enercoop c’est la concrétisation d’une utopie. Je vous propose de raconter comment Enercoop est née, comment a immergé cette idée folle de se réapproprier l’énergie.

En 1996, l’Union européenne décide, via une directive, de libéraliser le marché de l’énergie, c’est à dire d’en finir avec les services publics de l’électricité et du gaz, c’est-à-dire de mettre en place une grande plaque de cuivre pour échanger l’électricité et le gaz, c’est-à-dire la disparition de l’intérêt collectif, de la démocratie, de la non lucrativité dans ce service que l’on consomme tous au quotidien, vital, et qui structure notre vie et nos sociétés.

Réfléchissez un peu depuis ce matin, le nombre de fois que vous avez utilisé l’énergie : de votre réveil, à la douche, au café, aux transports, à cette salle éclairée. L’énergie est un bien commun. Dans un contexte plus global, environnemental, on est en train de vivre simplement un virage énergétique et on voit la fin d’un monde qui fonctionne aux énergies fossiles qui s’épuisent et qui entraîne le réchauffement climatique. C’est aussi la fin de l’électro nucléaire qui a des conséquences très très graves.

En parallèle, il y a toute une problématique sociale liée à l’ouverture du marché de l’énergie puisque les tarifs ne sont plus régulés par l’état, mais régulé par un marché. Dans un contexte où 90% de l’énergie s’épuise, les prix augmentent. On n’est plus protégé en tant que consommateur final dans le cadre d’un intérêt collectif non lucratif donc il a fallu créer une alternative. On a osé ! Les membres fondateurs d'Enercoop sont rentrés dans une logique, plutôt que de s’accrocher à une branche qui est en train de pourrir et qui va tomber, plutôt que de s’engager dans un combat de David contre Goliath, nous citoyens, on va se réapproprier ce secteur. En 2005, les ONG de protection de l’environnement comme Greenpeace, Biocoop, les Amis de la Terre, les structures de l’ESS comme la Nef, la MACIF, la fondation Chèques Déjeuners et les pionniers de l’énergie renouvelable en France comme HESPUL ou La compagnie du vent, se sont dit : le service public disparaît et en 60 ans d’exploitation on est arrivé à 10% d’énergies renouvelables donc on peut mieux faire. Ce qu’on veut est très simple, on veut avoir un apprivoisement énergétique à 100% auprès de producteurs d’énergies renouvelables, maîtriser sa facture, que le producteur soit justement rémunéré comme sur les principes du commerce équitable, que les salariés aient leur mot à dire. C’est une vraie logique de développement durable qui repose sur le fameux triptyque.

Très concrètement, on a recréé les valeurs d’un service public via le statut de société coopératif d’intérêt collectif. Cela permet de recréer de la démocratie car tous les maillons de la chaîne sont sociétaires et détiennent le capital. C’est un statut qui oblige de réinvestir au moins 60% des bénéfices dans notre objet. L’objet de la coopérative c’est :

  • accompagner les consommateurs à réduire leur consommation car l’énergie la plus propre est celle que l’on ne consomme pas

  • permettre aux consommateurs de réellement avoir accès aux énergies renouvelables en circuit court

  • permettre aux consommateurs de se réapproprier les outils de production.

Imaginez que là, tous ensemble on investisse collectivement dans un toit solaire, parc éolien, centrale hydraulique…cette électricité on se la rachète, on se la facture et on décide démocratiquement du système. On s’est donc réapproprié toute la chaîne.

Aujourd’hui il y a 132 producteurs d’énergies renouvelables qui vendent à Enercoop et en face, 50 000 personnes qui demandent. En réalité c’est une vraie demande, ce n’est pas moi et mon caddie, mais moi et mon compteur, mais la même question de l’endroit où l’on va aller faire ses courses. La logique territoriale est aussi très forte puisque l’objectif est de remettre l’avenir énergétique entre les mains des acteurs du territoire. Toute la valeur d’un projet comme le notre est sur le territoire, que toutes les parties prenantes se mettent autour de la table pour savoir où aller. Quand on doit apprendre aux gens ce qu’est l’énergie, quand on mobilise les acteurs, il faut être sur le terrain. On est tous concerné par ça, à la maison, au travail, et on a le choix. Il faut se réapproprier cette question, réapprendre d’où vient l’énergie, comment c’est produit, pourquoi c’est ce prix là … quand on change de fournisseur techniquement rien ne change car le service public est garant de la gestion du réseau et pourtant tout change car on décide administrativement d’aller faire nos courses ailleurs. J’arrête de demander du nucléaire, de l’énergie fossile et je demande de l’énergie renouvelable et deviens mon propre fournisseur. 

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